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dimanche 13 mars 2011

La gauche radicale alimente le FN

D'un extrême l'autre: le NPA et la CGT ne charment plus les jeunes

Le "coming out" de deux gauchistes

Ceux qui à tout propos cherchent à se convaincre d'une expansion de la conscience de classe du prolétariat, ont distingué une poussée mondiale des révolutionnaires à l'occasion de la révolte pour les libertés de la Tunisie, l'Egypte et la Lybie, qu'ils ont maquillée en révolte sociale, distinguant de surcroît un état de peur gagnant la bourgeoisie.
Ils n'ont en revanche pas porté plus d'importance qu'ils ne méritent, selon eux, aux passages d'extrémistes de gauche au FN. Ils ne sont pas parvenus à les occulter, mais la publication de sondages est arrivée à propos pour les envoyer aux oubliettes. Provocateurs et irréalistes, ils ont suscité l'indignation. Deux propulsèrent d'abord Marine Le Pen, candidate du FN devant tous les autres candidats déclarés du 1er tour de la présidentielle, puis un troisième la repoussa en 3e position derrière des candidats probables. Tout mettait donc en garde l'opinion contre le risque FN, mais la presse dénonça simplement le pouvoir de séduction trompeur de Marine Le Pen, refusant ainsi d'aborder la question du refus par la génération montante des agressions du NPA, qui se défile du pouvoir, et des méthodes coups de poing de la CGT, qui bloque et nuit au pays.

La gauche braquée contre Sarkozy est tellement obnubilée qu'elle s'aveugle en interne.

  • Vénussia Myrtil est un sujet sensible.
    L'étudiante en psycho de 21 ans a milité au NPA (Nouveau Parti anticapitaliste) d'Olivier Besancenot et a tout du profil altermondialiste : la couleur de peau métissée - mi-Ariégeoise, mi-Guadeloupéenne -, le piercing à l'arcade sourcilière et tout un tas d'idées libérées sur la sexualité. La jeune femme a fait ses années lycée aux Jeunesses communistes révolutionnaires (JCR). Mais Vénussia Myrtil milite désormais au Front national. Elle est même candidate aux cantonales dans les Yvelines, à Aubergenville. Ce jeune fonctionnaire territorial beau parleur a quitté LO après un score intéressant aux municipales (6%) pour que LO choisisse au final de ne pas entrer dans l'alliance avec la gauche plurielle. Le jeune « révolutionnaire » s'est alors inscrit dans un processus de concertation avec le PS local, l'assemblée « citoyenne » crée par le maire de Thionville, et s'est rabattu sur le NPA, en vogue dans les années 2000.

  • Fabien Engelmann crée un malaise
    Ce jeune militant de 31 ans, après huit ans dans des partis d'extrême-gauche, s'est déclaré candidat frontiste aux élections cantonales. Cette affaire divise l'extrême gauche, entre ceux qui prétendent qu'il s'agit d'un cas isolé, et ceux qui se réjouissent que la CGT, pourrie jusqu'à l'os à force de collaboration de classe, administre une bonne leçon aux militants ouvriers qui ont choisi d'y rester.
    Or, les voies de la radicalité sont impénétrables.
    Bien que cas 'isolé", les attaques qu'il subit de la gauche sont radicale. Il est traité de fasciste, sa catégorie socio-professionnelle étiquettée gauchiste et syndicale et ses options classées au rang de la collaboration de classe.

    VOIR et ENTENDRE Vénussia Myrtil:


    La CGT laisse filer Fabien Engelmann au FN

    Le 31 janvier, Fabien Engelmann, secrétaire du syndicat CGT des agents territoriaux de la mairie de Nilvange (Moselle), dont le maire est socialiste, annonce avoir adhéré au Front national. Mais l’Union départementale CGT de Moselle a annoncé avoir suspendu le syndicat des communaux de Nilvange, qui a refusé de désavouer son secrétaire. Celui-ci explique: " ils ont exclu toute la section.Ces militants CGT de ma section ne sont pas au FN ; ils m’ont défendu pour mes valeurs, pour mon travail syndical ». Le NPA a également publié une déclaration sur Engelmann, prétendant que c'est un cas « extrêmement rare », et non pas "isolé", donc.Nombre d'autres militants « de gauche » sont susceptibles de suivre son parcours. Interrogé par Libération, Baptiste Talbot, responsable de la fédération CGT de Moselle, a déclaré « Je ne serais pas étonné qu'il y ait d'autres cas d'ici les élections cantonales et présidentielles. »
    Le secrétaire de la CGT Moselle, Denis Pesce, a déclaré à Libération que : « Ce que les militants nous font remonter des entreprises est inquiétant, notamment sur l'impact du discours "social" de Marine Le Pen auprès de certains salariés. Les gens ont moins peur d'en parler, et s'affichent désormais ouvertement. » Le Républicain Lorrain cite un « responsable cégétiste » anonyme qui dit : « Dans notre section, les trois quarts des mecs votent Le Pen ou Sarkozy, et ils ne s’en cachent pas. »
    Engelmann est défendu par Me Gilbert Collard dans son dossier de suspension de la CGT.

    Entrisme ?
    En 2007, la CGT avait commandé un sondage qui révélait que 11 pour cent de ses adhérents avaient voté FN. Le Président du groupe Front national au Conseil régional de Lorraine (et syndicaliste CFTC), Thierry Gourlot, s'enorgueillit alors d'avoir au FN des militants « de toutes les organisations, dont certains — y compris de la CGT — détiennent des responsabilités. »

    La trajectoire du militant n'est pas aussi aberrante que ses camarades veulent bien le dire, car cette ancienne région sidérurgique a perdu beaucoup d'emplois dans les années 80-90, avec la liquidation de la sidérurgie en grande partie orchestrée par les gouvernements socialistes successifs. En février 1982, Mitterrand nationalisait toute la sidérurgie avec le soutien du PCF (qui défendait cette mesure depuis des années) et, dès juin 1982, l’État socialiste annonçait 12.000 suppressions d’emplois, qui allaient être suivies de nombreuses autres non compensées.

    Les conséquences de la collaboration des organisations syndicales et de « l'extrême gauche » avec la « gauche » de gouvernement ont été désastreuses, si bien que, pour les jeunes actuels, la politique et le syndicalisme sont deux activités totalement autonomes. « Qu’il soit au FN, ce n’est pas incompatible avec le syndicat. Ça n’a rien à voir. D’ailleurs, aux régionales de 2010, Engelmann était en seconde position sur la liste du NPA de Moselle 2010. "Ca n’a posé aucun problème », a souligné l'un de ses collègues à L'Est républicain.

    Sa rupture avec le NPA s'est produite à l'occasion des élections régionales, où une section de ce parti trotskiste présentait une candidate musulmane voilée.
    Troublé par cet épisode, Engelmann, comme les trois quarts du comité de Thionville, a quitté le NPA, et s'est orienté vers la revue « Riposte laïque » (RL), créée par Pierre Cassen, ex-militant du PCF, de la LCR et de la CGT. RL combat pour que survive la laïcité et lutte aussi bien contre le catholicisme que contre l'islam, mais les sectaires lui reprochent de ne pas limiter le champ de son dénigrement aux chrétiens qui ont fait l'Histoire du pays et de ne pas épargner les musulmans nouvellement installés.

    A côté de cela, il déclare: "J'accorde beaucoup d'importance au respect de la vie, et j'avoue mon admiration pour Brigitte Bardot. » Or, cette star des années 1960, qui s'est reconvertie dans la défense des animaux, est ouvertement de droite, mariée à un proche de Jean-Marie Le Pen. Elle fut ainsi poursuivie pour provocation à la discrimination raciale, pour ses déclarations sur l'abattage des moutons par les musulmans à l'occasion de l'Aïd el-Kebir.

  • Le NPA refoule Vénussia Myrtil vers le FN

    Chez les étudiants aussi, la presse admet des cas de passage de la gauche radicale au FN. Les jeunesses du FN (FNJ) prétendent que deux mille jeunes auraient adhéré depuis la mi-janvier, dont « beaucoup » issus de la « gauche ou de l'extrême gauche ».
    Par exemple, Vénussia Myrtil, étudiante en psychologie de 21 ans, passée par l'organisation de jeunesse de la LCR « pendant les manifs contre les réformes Darcos [pour] se battre contre les gros patrons et pour plus de justice sociale » puis sympathisante du NPA.

    La militante est assez vite devenue une sorte d'icône dans l'entourage de la nouvelle présidente du FN qui la présente comme un gage d'évolution de son parti. Pendant la campagne, les anti-Marine se sont déchaînés contre le profil atypique de l'ex-militante d'extrême gauche. Mais son parcours fait mouche, comme celui du jeune délégué suspendu de la CGT Fabien Engelmann, ex-militant de Lutte ouvrière passé au NPA et désormais candidat du FN à Algrange (Moselle).

    Vénussia Myrtil s'est engagée avec la JCR « pendant les manifs contre les réformes Darcos », entraînée «par une copine de lycée» et séduite par le côté «communautaire» des jeunes, «décidés à se battre contre les gros patrons et pour plus de justice sociale».
    Au NPA, qu'elle a côtoyé à partir de 2009 sans avoir été encartée, le souvenir de ceux qui l'ont connue reste focalisé sur une furieuse dispute au sujet du colonialisme. « Leur côté internationaliste m'a gonflée, dit-elle aujourd'hui. J'ai pas aimé non plus les prières en arabe dans la rue pendant les manifestations propalestiniennes, ça a été la goutte d'eau… Je me suis tirée.» Rapidement, cette jeune femme, dont la mère a déjà fait le saut du PCF au FN, est séduite par le discours «social et patriote» de Marine Le Pen. Vénussia et Fabien se sont rencontrés vendredi au Salon de l'agriculture autour de Marine Le Pen.

    «Je croyais que des fachos allaient me casser la gueule, j'ai été bien accueillie.» En particulier par la vice-présidente du FN, Marie-Christine Arnautu, qui coache de près la jeune militante et son discours… «Elle a le droit d'être pour le mariage homosexuel et favorable à l'adoption par des couples homos. c'est son affaire, explique avec prudence Nathalie Pigeot, responsable du Front national de jeunes, mais cela n'en fait pas la position du FN. Nous ne sommes pas dans une utilisation marketing de son image », ajoute-t-elle. Le FNJ revendique plus de deux mille adhésions de jeunes depuis la mi-janvier dont «beaucoup» viendraient de la gauche ou de l'extrême gauche.

    A LO, parti d'origine de Fabien Engelmann, on dénonce la «véritable dérive» d'ouvriers qui «se sont fait abuser par la démagogie lepéniste» d'un parti «socialement du côté de la bourgeoisie». «Depuis l'arrivée de Marine Le Pen, ils mettent en musique ces cas exceptionnels de passage d'un extrême à l'autre par des gens désorientés», s'irrite Éric Coquerel, du Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon, qui ajoute : «En gage de défense de la laïcité, ils ne font que pourchasser une religion.» Pour les ringards de la laïcité, ça change et ça bouscule !
    Mais dénigrer n'a jamais enraillé aucune fuite et certainement pas celle de forces vives.

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