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samedi 27 mai 2017

Affaire Ferrand: la Justice assume son décalage avec la morale et l'opinion

Le Parquet selon Bayrou fait bloc derrière le ministre préféré de Macron

Le Parquet national financier (PNF) se déclare incompétent "à ce stade" pour ouvrir une enquête

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Le PNF ne compte pas se saisir de l'affaire immobilière impliquant le ministre Richard Ferrand", car les infractions révélées dans la presse ne rentreraient pas dans le champ de compétences du PNF, selon les juges financiers dépendants de François Bayrou, ministre de la Justice, mercredi de source proche du dossier.
Des infractions qui ne rentrent pas dans les compétences du PNF: le Parquet de la République se satisfait d'une simple lecture du journal satirique.  "A la lecture du Canard enchaîné et au vu de l'article 705 du code de procédure pénale" qui énumère les infractions qu'il couvre, "les faits évoqués à ce stade n'entrent pas dans le champ de compétence du PNF", a affirmé cette source. 
La morale politique exigeant des explications approfondies, le parti Les Républicains avait auparavant annoncé son intention de saisir le PNF pour qu'il ouvre une enquête sur les "agissements" présumés du ministre de la Cohésion des territoires. Cette saisine se ferait au moyen de l'article 40 du code de procédure pénale qui oblige les autorités publiques à dénoncer des délits éventuels dont ils auraient connaissance.

Au ministère de la Justice, Bayrou fait circuler la patate chaude.
Seul le Parquet de Brest serait pour l'heure compétent pour se saisir du dossier. Mercredi soir, Les Républicains ont d'ailleurs également annoncé  qu'ils comptaient saisir le procureur de la République de Brest, compte tenu de faits présumés "d'une gravité certaine" et qui "pourraient revêtir plusieurs qualifications pénales", a indiqué le secrétaire général du parti, Bernard Accoyer, dans un communiqué.

Selon le Canard enchaîné de mercredi, les Mutuelles de Bretagne, dont Richard Ferrand, ministre de la Cohésion des territoires, était le directeur-général au moment du montage financier irrégulier et jusqu'en 2012, ont loué à partir de 2011 des locaux commerciaux appartenant à sa compagne pour un loyer annuel de 42.000 euros et au nom d'une SCI qui n'était pas encore constituée au moment de l'attribution du marché par le conseil d'administration des Mutuelles dirigées par le compagnon de la bénéficiaire.

Le Parquet de Brest s'aligne sur Paris et n'ouvrira pas d'enquête sur Ferrand

Les révélations du Canard enchaîné ne changent rien. Elles jettent pourtant sur la place publique un montage financier de Richard Ferrand au profit de sa compagne et l'emploi d'assistant parlementaire dont a bénéficié son fils. Mais elles  ne permettent pas d'ouvrir une enquête, selon le procureur de la République de Brest, vendredi. 
"Il apparaît qu'en l'état, aucun des faits relatés n'est susceptible de relever d'une ou plusieurs qualifications pénales permettant d'ouvrir une enquête préliminaire", annonce le procureur, Eric Mathias, dans un communiqué.

Le procureur de Brest confirme avoir reçu un signalement de la part de l'avocat du parti Les Républicains.
Vendredi, le député Les Républicains et ancien magistrat George Fenech a annoncé  avoir saisi l'autorité de contrôle prudentiel et de résolution, organe de supervision des banques et des assurances, pour "forte suspicion" sur "les conditions d'occupation, de fixation des loyers et des montants des travaux".

Maître du PNF et du Parquet de Brest, le ministre de la Justice ne s'est encore pas exprimé sur le débat politique ouvert.

Bayrou impliqué dans une affaire de financement illégal

Cette affaire d’emploi fictif d’assistant parlementaire a filtré en ...février dernier 

Macron en a pourtant fait son 'chevalier blanc' du gouvernement

La Haute Autorité pour la Transparence de la Vie publique a dû sauter un passage du livre "Les mains propres" de Corinne Lepage. Si les neuf juges administratifs avaient fait leur travail et si la presse d'investigation ne sélectionnait pas ses dossiers, l'information aurait-elle été négligée ?
La secrétaire particulière de François Bayrou aurait été illégalement payé par l’enveloppe d’assistance parlementaire de Marielle Sarnez, députée européenne. Corinne Lepage dénonce une pratique qui surprend d'autant plus que Bayrou se donne volontiers de des airs Monsieur Propre dans les media sympathisants.
Cette avocate dénonce les dérives de la société - et de ses institutions livrées aux mains des politiques -, à la façon du FN, dit-elle, mais pourrait se ranger aussi bien dans les rangs de Mediapart ou du Canard enchaîné, pour expliquer ce qui fait que la société française dérive.
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Voici  l’extrait en question

Résultat de recherche d'images pour "corinne lepage Mains propres""C’est ainsi que des assistants parlementaires servent en réalité le parti politique, et non le parlementaire. Lorsque j’ai été élue au Parlement européen en 2009, le MoDem avait exigé de moi qu’un de mes assistants parlementaires travaille au siège parisien. J’ai refusé en indiquant que cela me paraissait d’une part contraire aux règles européennes, et d’autre part illégal. Le MoDem n’a pas osé insister mais mes collègues ont été contraints de satisfaire à cette exigence. 
Ainsi, durant cinq ans, la secrétaire particulière de François Bayrou a été payée … par l’enveloppe d’assistance parlementaire de Marielle de Sarnez, sur fonds européens. Ce cas n’est pas unique et le Front national s’en est même fait une spécialité. Ainsi Florian Philippot, vice-président du Front national, a émargé comme assistant parlementaire durant cinq ans. Pire encore, Louis Alliot, compagnon de Marine Le Pen, aurait dû être à ce titre exclu des fonctions d’assistant parlementaire de sa compagne (puisque l’emploi de personnes de la famille, d’époux ou de concubins est proscrit par les règles européennes)."
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Les moeurs politiques de Bayrou et du MoDem 

ne sont pas plus respectables que celles de la famille Le Pen et du FN.

Le Parquet, dont Bayrou est le maître, va-t-il encore se déclarer incompétent ?S'il l'est dans les atteintes à la morale politique en France, on n'imagine pas qu'il mobilise les instances européennes.

vendredi 26 mai 2017

Edouard Philippe lie son avenir au sort de Richard Ferrand dans la tourmente

Le Premier ministre, Edouard Philippe, laisse le peuple seul juge

Edouard Philippe s'est lavé les mains 
vendredi du sort de son ministre Richard Ferrand

Le Premier ministre considère que les électeurs seront "le juge de paix" de son ministre de la Cohésion (Aménagement) des territoires et candidat aux législatives dans le Finistère, après les révélations du Canard enchaîné sur une opération immobilière concernant sa compagne impliquant les Mutuelles de Bretagne dont il était le directeur général. "Il n’y a pas de procédure juridictionnelle en cours; il n’y a donc pas une affaire; il y a un débat. Ce débat, il est politique et il sera tranché par ceux qui sont les plus à mêmes et les mieux à même de trancher les débats politique qui sont les électeurs et les citoyens français", a déclaré le premier ministre. 

Philippe a tenu à se solidariser de Ferrand
Il s’est exprimé en marge d’une visite de soutien au secrétaire d’Etat Mounir Mahjoubi, alors que sa prise de position a tardé à venir. Ce secrétaire d'Etat et candidat En Marche! défie le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélisdans la circonscription dont il est l'élu sortant. "Et les électeurs de la circonscription dans laquelle Richard Ferrand se présente pourront dans deux semaines dire si, comme moi, ils ont confiance en Richard Ferrand, et ce sera le juge de paix, celui que personne ne peut dépasser en démocratie", a estimé E. Philippe qui a pu voir ci-dessus que Kostas ne déplace pas les foule sur son fief. 

Richard Ferrand a exclu jeudi de rendre son maroquin 

Et son premier ministre pourrait donc être entraîné avec lui dans la tourmente. 
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Selon Le Canard enchaîné, en 2011, les Mutuelles de Bretagne dont il était le directeur général avaient souhaité louer des locaux commerciaux à Brest pour ouvrir un centre de soins et avaient choisi, entre trois offres, celle d’une société immobilière - une SCI non encore constituée - dont la compagne du ministre devait être la propriétaire, mais qui était restée masquée jusqu'après la signature de la transaction. 
Résultat de recherche d'images pour "edouard philippe R Ferrand.html""Ca démontre encore plus clairement et encore plus fortement la nécessité d’avoir des règles d’une très grande clarté afin de pouvoir les respecter de façon extrêmement stricte. Et tout l’objectif du gouvernement dans la loi que nous sommes en train de préparer, c’est justement de proposer des règles extrêmement strictes qui permettront à l’ensemble des parlementaires, et en vérité à l’ensemble de ceux qui exercent des responsabilités publiques, de ne pas se placer dans des situations qui seraient légales mais contestées", a poursuivi le Premier ministre. 
"Pour ça, on a besoin d’une loi claire, c’est l’objectif du gouvernement, a-t-il répété, et je crois que vous aurez l’occasion de voir rapidement dans quel domaine la clarté, la précision et l’efficacité seront proposées", a-t-il annoncé. 

Défaillance de la Haute Autorité pour Transparence de la Vie Publique 
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La HATVP peut se saisir des situations de conflit d’intérêts et éventuellement prononcer une injonction d’y mettre fin. Ses neuf membres ont précisément été sollicités en amont de la constitution du gouvernement, en sorte que l'exécutif ne se retrouve pas confronté à une autre affaire Cahuzac en aval. Mais ces juges administratifs indépendants n'ont rien décelé dans la situation compliquée de R. Ferrand et ont ainsi démontré leur incompétence. 
Ils n'auront servi qu'à être le prétexte au retard de 48 heures pris dans la publication des membres du gouvernement. La vérité était donc bien une difficulté imprévue d'équilibrage des forces politiques.

La transparence n'est pas naturelle dans l'équipe Macron
Plusieurs responsables socialistes, ancien parti de R. Ferrand, ont critiqué le silence du Garde des Sceaux François Bayrou, qui prépare un projet de loi de ..."moralisation de la vie publique". Cette loi ne devra pas s'appliquer seulement aux autres.

Législatives : voter La République en marche, c'est choisir des cadres et des intellos

Le renouvellement de l'Assemblée voulu par Macron discrimine les catégories  socio-professionnelles  

Les cadres et professions intellectuelles supérieures seraient surreprésentés au détriment des employés, des ouvriers et des inactifs. 
Les patrons, les conseillers en communication et les intellos
sont-ils représentatifs de l'ensemble des Français ?
La répartition des catégories socio-professionnelles des candidats REM ne reflète pas la société. 
Si un effort a été fait sur la diversité, sur le papier, les chiffres ne laissent nulle place au doute. Alors que ces catégories supérieures ne représentent que 9 % de la population (selon le dernier recensement de l’Insee effectué en 2013), 150 candidats investis par La République en marche en sont issus… soit pas moins de 68 % ! 

Renouvellement ? Un pourcentage identique à celui de l’Assemblée sortante... 
Dans cette catégorie, certaines corporations, telles que les avocats (près de 7 %), sont plus représentées. Ainsi, dans la circonscription d’Ille-et-Vilaine, Florian Bachelier, avocat d’affaires spécialisé dans le numérique et les biotechnologies, représente les couleurs du mouvement.
Historiquement, les avocats ont toujours fait partie des professions majoritairement incarnées et Macron ne change rien. Dans l’Assemblée nationale sortante, 6 % des députés occupaient cet emploi, contre 3 % dans la population. 

Le nombre de dirigeants d’entreprises ne serait pas non plus négligeable

Parmi ces novices en politique qui rêvent du Palais Bourbon, on recense au moins 25 patrons, à la tête de boîtes de toutes tailles, dans des secteurs divers (nouvelles technologies, presse, agroalimentaire…). 
C’est près de deux fois plus que sur les bancs de l’Assemblée actuelle. C’est le cas d’Isabelle Voyer, cheffe de sa propre entreprise de conseils en environnement et développement durable depuis 2011, qui a rejoint le mouvement pour son premier engagement politique. 
Autre profil émergent, celui des consultants et conseillers en communication. Ils sont au moins 14 à porter les couleurs du mouvement.

A l’inverse, les employés et professions intermédiaires sont investis dans une proportion d'à peine 10 % des candidats, alors qu'ils représentent plus de 30 % de la population. 

Autres minorités : on compte seulement 5 agriculteurs et un artisan sur les 219 candidats étudiés, soit respectivement 2 % et 0,4 %. Et aucun ouvrier. 
Pas d'agriculteurs ou d'artisans syndiqués ?

Mais un sondage OpinonWay nous assure sérieusement que les Français s'identifient bien avec ces profils-là...

Les Français préfèreraient des députés inexpérimentés, dixit un sondage OpinionWay

Macron veut faire de la France un laboratoire d'essais. Et des Français, des cobayes ? 

Le mouvement du président 
est contraint de revoir ses prétentions à la baisse
Macron peine à tenir sa double promesse de recomposer et renouveler la scène politique : après la polémique provoquée par la colère publique de François Bayrou sur le nombre d'investis Modem aux élections législatives, précédée par les couacs des premières investitures concédées sans l'accord des nominés, le président néophyte de la politique découvre à quel point il est difficile de faire table rase du passé tout en cherchant à constituer une majorité absolue à l'Assemblée nationale.
 
Delevoye a attribué quelque 153 investitures soit à des socialistes ou ex-socialistes, à quelques écologistes pro-gouvernement ou encore à des radicaux de gauche. Sur les 23 parlementaires ou suppléants sortants investis, tous appartenaient à la majorité sortante, dont une très nette part (16) de socialistes. Dans le lot, une ministre écologiste de François Hollande, Barbara Pompili, est investie dans sa circonscription de la Somme.
A cela, il faut ajouter le choix d'En Marche! de ne pas investir de candidat contre des membres ou d'anciens membres du gouvernement, dont le très contesté Manuel Valls, le bourrin Jean-Marie Le Guen, l'impuissant Stéphane Le Foll, la sournoise Marisol Touraine, l'incompétente Myriam El Khomri ou l'insignifiante Ségolène Neuville.
Pour se défendre de "recycler" les sortants du PS, le parti présidentiel met en avant le fait que 70 à 100 députés PS sortants avaient à l'origine sollicité leur investiture, dont de nombreux proches de Manuel Valls.  Ce choix ne s'est donc pas fait sans difficulté, entre des candidats qui n'avaient pas demandé à l'être et ceux qui ont dû céder la place à des ténors ou à des personnalités médiatiques, comme le champion des maths Cédric Villani ou le juge Eric Halphen.

La société civile apporte-t-elle du sang neuf ou pauvre ?
Si la recomposition macronienne s'apparente bien à un grand jeu de vases communicants, l'effort de renouvellement des candidatures En Marche! aboutit à l'arrivée de candidats néophytes et/ou sans appartenance partisane. 
L'inexpérience est vendue aux Français comme un plus, que dis-je, un must... La direction du parti présidentiel annonce l'entrée en scène de 197 candidats sans aucun passé politique notable jusqu'ici.

Près de 52% des candidats sont issus de la société civile.
Sur les 428 candidats investis sélectionnés à partir de "19.000 dossiers" déposés, il y a "52% de candidates et candidats issus de la société civile au sens qu'ils n'ont jamais exercé de mandat électif", a précisé Richard Ferrand, au cours d'une conférence de presse. Il a aussi fait état d'une "parité réelle" avec 214 candidats hommes et 214 femmes, se fondant sur l'idée fausse dans l'air du temps qu'un(e) incompétent(e) vaut un(e) responsable politique expérimenté(e). Il faudra d'ailleurs attendre  le 18 juin, date du second tour des législatives, pour pour mesurer l'ampleur véritable du renouvellement annoncé et savoir si les Français sont tombés dans le panneauEt il faudra vérifier que les circonscriptions les plus favorables n'ont pas été réservées aux seuls sortants ou à un genre plutôt qu'à un autre. Les candidats de la diversité avaient fait les frais d'une campagne socialiste de propagande laissant penser qu'ils avaient une chance.

Si le renouvellement promis par Macron permet l’émergence de nouveaux visages, les profils des candidats de la 'République en marche' (REM) ne reflètent pas la réalité de la population française

La liste complète et définitive n’a visiblement pas été facile à boucler. Les six derniers sélectionnés sont tombés à la dernière minute : trois hommes, tous des élus, dont l’un affrontera le numéro 2 du FN, Florian Philippot, en Moselle ; et trois femmes, issues de la société civile. Au total, ce ne sont pas 577, mais seulement 526 candidats qui seront alignés pour défendre le programme d’Emmanuel Macron et, peut-être, pour lui offrir la majorité nécessaire pour l'habiliter globalement à passer ses réformes sans contrôle de la majorité à l’Assemblée nationale. 

Sans surprise, pour mener la "révolution" telle que la promet l’ouvrage de Macron, on retrouve parmi les impétrants volontaires une bonne vingtaine de sortants ainsi que de nombreux élus locaux, dont des dizaines de maires, conseillers municipaux, départementaux ou régionaux issus des rangs socialistes, du Modem ou accessoirement de la droite, et qui aspirent à grimper un nouvel échelon électoral. Pour assurer le renouvellement de la classe politique, et pour ne rien changer, Macron actionnera le levier de l'ambition.

Sur les 526 candidatures, 271 ont été accordées à des personnes n’ayant effectivement jamais eu de mandat électoral. A l’instar du président soi-même, qui ne s’était jamais présenté à un aucun scrutin avant l’élection présidentielle tout en ayant fréquenté les arcanes du pouvoir pendant les cinq années désastreuses de François Hollande. Tous les candidats estampillés 'société civile' ne sont pas des novices en politique pour autant, mais ce sont des subalternes : plus d’une dizaine (!) ont par exemple été collaborateurs auprès de députés, de sénateurs ou d’eurodéputés, le plus souvent socialistes. D’autres ont travaillé dans des cabinets d’élus, dans les ministères ou les mairies, au cœur des rouages administratifs, mais trop souvent à des échelons inférieurs.
Ainsi, d'obscures référents départementaux d’En marche qui ont mené localement la campagne présidentielle derrière Macron ces derniers mois ont-ils également été récompensés, puisqu’une dizaine d’entre eux seront aussi candidats au titre de la société civile.

A bien observer le profil des nouveaux venus, on constate qu’Emmanuel Macron a voulu mettre en avant "la France qui réussit" : les cadres ou les chefs d’entreprise sont massivement représentés, mais aussi des professions intellectuelles, improductives. 
Sur 219 candidats de la société civile, on retrouve une large majorité (57 %) de quadragénaires et de quinquagénaires, mais aussi 37 % (82 candidats) qui, à l’image du président de la République, 40 ans en décembre, ne sont pas encore des quadras. Cette 'société civile' entrepreneuriale refléterait mieux, nous dit-on, la variété sociologique du pays que les bancs de l’Assemblée de la dernière législature, si on considère que les avocats, les médecins et les enseignants la représentent mal. Elle reste en outre un miroir déformant d’une France sans chômeurs ni retraités ou presque, sans ouvriers et avec des représentants sur-qualifiés d'un monde privilégié. 

Des candidats En marche! d'origines variées, mais toujours des hyperdiplômés.
Si on se réfère aux chiffres de l’Insee, selon lesquels les immigrés et leurs descendants directs (hors Europe) représentent 11 % de la population, la promesse de Macron sur la diversité est tenue, sur le papier. Car en se fondant sur les patronymes à consonances maghrébine, africaine et asiatique, on recense qu’environ 13 % des 219 candidats LREM issus de la 'société civile' sont d’origine étrangère. Pour mémoire, une précédente ébauche de statistiques ethniques relevait qu’en 2015, seuls 9 des 577 députés siégeant à l’Assemblée étaient d’origine étrangère. Cette nouvelle évaluation, qui reste approximative, ne prend pas en compte les candidats issus des territoires d’outre-mer. Mais qui dit candidat ne dit pas élu.
Médecins, avocats, cadres du privé et hauts fonctionnaires… la majorité de ces candidats de la diversité ont à leur compteur entre trois (licence) et cinq ans (DESS, journalisme) d’études. Le profil de l'avocate Laetitia Avia, candidate dans la 8e circonscription de Paris (une partie du 12e arrondissement, comprenant Bercy, ainsi qu'une partie du 20e arrondissement, côté boulevard de Charonne), incarne cette réussite professionnelle et le bon fonctionnement de l'échelle sociale française, nuançant la propagande de la gauche et les documentaires de la presse engagée sur la ligne de la pensée unique internationaliste. Outre leur niveau de diplôme élevé, ces candidats multiplient les casquettes. Par exemple, Jean-Baptiste Djebbari, qui se présente dans la 2e circonscription de Haute-Vienne, est à la fois pilote de ligne, entrepreneur et contributeur au quotidien les Echos. Sera-t-il opposé au cumul des mandats et des fonctions ? S’ils n’ont jamais été élus, certains, comme Alexandre Aïdara, se sont déjà frottés à la politique. L’énarque d’origine sénégalaise, qui candidate dans la 6e circonscription de Seine-Saint-Denis, est passé par l’Ecole centrale, élite des ingénieurs français, avant de prendre sa carte au PS. Son diplôme de l’ENA en poche, il est devenu administrateur civil à la direction du Budget, puis a travaillé au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche sous Hollande et entra deux ans plus tard au cabinet de la ...Guyanaise Taubira.

La République en Marche ! arriverait pourtant largement en tête des intentions de vote au premier tour des élections législatives

Le futur parti du président  progresserait même, devant Les Républicains et le Front national, selon un sondage OpinionWay/Orpi diffusé ce vendredi.
Avec 28% d'intentions de vote (+1% par rapport au dernier sondage diffusé le 18 mai), les apprentis de La République en Marche ! devanceraient de huit points Les Républicains (LR), allié aux centristes de l'UDI (20%, stable), et le Front national, 19% (-1%), selon cette enquête pour Les Echos et Radio classique.
Les candidats de La France insoumise recueilleraient 15% (+1%) d'intentions de vote, ceux du Parti socialiste et de ses alliés 10% (-1%). 2% des voix iraient à des candidats du Parti communiste et également à des divers droite, 1% à candidats de l'extrême gauche et 3% à "un autre candidat".

La République en Marche !, le parti politique que Emmanuel Macron compte former à partir de son mouvement 'En marche!', "obtiendrait entre 310 et 330 sièges dans les 535 circonscriptions de France métropolitaine (hors Corse) où il présente un(e) candidat(e), alors que la majorité se situe à 289 sièges pour 577 circonscriptions au total. Un résultat qui serait nettement supérieur à celui obtenu en 2012 par le PS et ses alliés", s'enthousiasme Les Echos, . 
"La droite aurait entre 140 et 160 députés. Le PS serait crédité de 25 à 30 députés, tout comme la France insoumise/PCF. Le FN aurait 10 à 15 députés", détaille encore le quotidien économique. 
Il reste deux semaines déterminantes jusqu'au premier tour des élections législatives, le 11 juin. Nous saurons alors si, après les "bras ballants", nous aurons des novices.

Enquête réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 23 au 24 mai auprès de 2.103 personnes inscrites sur les listes électorales, issues d'un échantillon de 2.176 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. 

jeudi 25 mai 2017

Après Ferrand, un autre proche de Macron en accusation

Bayrou peut-il rester à son poste ministériel de moralisateur de la vie politique ?

Alain Tourret aurait profité de son indemnité parlementaire pour financer des vacances, acheter une télévision, etc
...

Son entourage récuse tout "abus" révélé par Mediapart... 
Un entourage, ça sert à vanter ou nier, mais il ne faut pas en attendre la vérité. 
Mediapart affirme que le député Alain Tourret, 70 ans, investi aux législatives par La République en marche (REM) dans le Calvados, a utilisé son indemnité pour frais liés au mandat (IRFM) "à des fins beaucoup plus personnelles" : achat d'une télévision, de billets de cinéma, parties de golf ou encore dépenses dans un Club Med au Sénégal... 

Alain Tourret a représenté le Calvados de 1997 à 2002, et à nouveau à partir de 2012, dans le sillage de François Hollande. Fils d'un officier de cavalerie qui lui a d'ailleurs donné six frères et soeurs, cet avocat comptait bien profiter de l'appel d'air créé par Macron, jusqu'à ce que Richard Ferrand ternisse l'image de la Bretagne dans le Finistère, avec ses affaires suspectes dans l'immobilier et d'emploi d'un proche comme collaborateur parlementaire financé par la collectivité. 
Le cas de ce cher maître est intéressant à plus d'un autre titre. Il a par ailleurs cofondé et présidé la fondation Peindre en Normandie au temps où sa défunte épouse était artiste-peintre.Du fait de son soutien au candidat En marche ! Emmanuel Macron lors de la présidentielle de 2017, il s'est fait suspendre de ses fonctions au PRG, le parti radical soutenant le candidat PS Benoît Hamon.Lors du débat sur l'ouverture du mariage aux couples de personnes de même sexe, il était à la fois secrétaire de la Commission des lois et orateur du groupe Radical, républicain, démocrate et progressiste, réputé franc-maçon et anticlérical. Il ne manqua donc pas de critiquer l'opposition des responsables religieux auditionnés par l'Assemblée nationale et attaqua violemment l'église catholique représentée par le cardinal Vingt-Trois, estimant notamment: "Globalement vous êtes des lobbys. Vous appuyez votre pouvoir sur l'institution du mariage (…), mais à part quelques exceptions, vous vous êtes pratiquement trompés à chaque fois (…) La fracture entre vous autres et l'opinion est totale".Alain Tourret s'est aussi fait pirater sa boîte mail dans le cadre de l'affaire des Macron Leaks. Il nia alors s'être fait livrer à l'Assemblée nationale des amphétamines payées en bitcoins.
Au temps où il était vice-président du Parti radical socialiste, puis du Parti radical de gauche en 2000, il était
chargé des affaires internationales après s'être vu confier ...la sécurité et la justice.
Le site d'information se fonde sur la publication des "MacronLeaks", plusieurs dizaines de milliers de documents internes de l'équipe d'Emmanuel Macron diffusés à la fin de la campagne, pour laquelle Alain Tourret a notamment déposé plainte. Mediapart a ainsi épluché onze mois de relevés bancaires relatifs à son compte IRFM, répartis sur les années 2013, 2014 et 2016.

Chacun des 577 députés perçoit l'IRFM, indemnité représentative de frais de mandat, d'un montant de 5.300 euros mensuels, pour couvrir ses frais de mandat. Elle est régulièrement contestée au vu des abus d'usage à des fins personnelles, dont des voyages. 

Emmanuel Macron prévoit d'ailleurs un changement de régime. 
Il souhaite que l'IRFM soit "intégrée à l'indemnité parlementaire en tant que telle et, à ce titre, fiscalisée", donc possiblement contrôlée.

Secrétaire de la Commission des lois, il confesse des "erreurs d'imputation"

Résultat de recherche d'images pour "Macron Alain Tourret"
Le député sortant du Calvados a admis auprès de Mediapart plusieurs "erreurs d'imputation" et a fait savoir le 19 mai qu'il vient de virer plus de 16.000 euros de son compte personnel à son compte IRFM. Il a d'ailleurs "saisi le déontologue de l'Assemblée pour avoir son avis sur la pratique admise pour l'utilisation de l'IRFM".

Son entourage appelé à la rescousse estime que "la question de l'abus ne se pose pas"... 
Alain Tourret "lui-même avait saisi son expert comptable en mars pour évaluer les dépenses imputées à son IRFM et procéder aux régularisations nécessaires le cas échéant", a-t-on raconté de même source. Peut-on imaginer que l'expert-comptable nie tout ?

Le sénateur François Patriat, proche du président de la République, qualifie cette affaire de morale "plus qu'illégale", car selon lui, interrogé sur Public Sénat, le député du Calvados, est "quelqu'un de profondément honnête"En matière d'enquête de moralité, mieux vaudrait peut-être recueillir l'avis du président de Région.

Maître Alain Tourret, qui avait appelé Bruno Le Maire à se rallier à Macron, reste investi par La République en marche dans la sixième circonscription du Calvados, par la grâce du secrétaire général du mouvement présidentiel En marche !, Richard Ferrand.

Législatives 2017: Cambadélis a perdu le sens du ridicule

Bad buzz pour le premier secrétaire du PS, seul dans la rue, debout sur une palette rouge.

Candidat à un cinquième mandat de député, 
Jean-Christophe Cambadélis, s'est tapé la honte

Jeudi, il a fait un stand-up dans la rue 
pour mobiliser les électeurs de sa circonscription, mais a fait un four ! Une scène d'amour propre blessé que Twitter n'a pas manqué de relayer, à la différence de la presse institutionnelle exemplaire. 
Il a ainsi récolté le fruit de ses trois années désastreuses à la tête du Parti socialiste. Avec Hollande et Valls, il a réussi a vider le PS. Son candidat officiel, Benoît Hamon, a obtenu 6,36% des suffrages à la présidentielle et le parti de Jaurès peut craindre une nouvelle déconfiture aux élections législatives, à l'instar de sa prestation parisienne. Même les barons socialistes n’ont pas la certitude d’être réélus, compte-tenu de l’OPA d’En Marche sur l’électorat traditionnel du PS.

Son secrétaire national et Cambadélis, va devoir ferrailler pour conserver son siège dans la 16e circonscription de Paris. Le mouvement d’Emmanuel Macron a investi un inconnu face à lui mais, dans cette zone multiculturelle, Mounir Mahjoubi, 33 ans, fait figure de favori, d'autant que le président Macron a fait de ce jeune entrepreneur et ancien président du Conseil national du numérique, son secrétaire d'Etat chargé du Numérique dans le gouvernement d'Édouard Philippe.

Dans cette circonscription populaire de nord-est de Paris, Jean-Luc Mélenchon est arrivé en tête au premier tour avec 30,52% des voix, suivi de près par Emmanuel Macron avec 29,92%. Benoît Hamon n’avait pu faire mieux que quatrième, derrière François Fillon. Autant dire que l'apparatchik est en grande difficulté. Mais déterminé à se battre pour sauver sa peau, le patron du PS a déjà débuté sa campagne, laissant aller le parti à la dérive. 

Jeudi, il a fait le show : un stand-up dans la rue, ça fait jeune

Mais, à 66 ans, c'est casse-cou. Pour se faire remarquer, il s’est installé sur une palette repeinte en rouge vif. Son sanglant échafaud.  
La scène a naturellement été largement relayée sur Twitter, dans toute sa cruauté, avec ironie et parfois condescendance.
Depuis, l'entourage de Kostas chasse les photographes à coups de pierres...
A LCP, ils en savent quelque chose. Lire PaSiDupes