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mardi 31 mars 2015

Départements rayés de la carte socialiste au 29 mars 2015

Les vociférations et anathèmes du premier ministre n'ont eu aucun impact sur l'électorat 

Valls a réussi à vider 3 départements, plus sûrement que le Mali 

les Yvelines, le Var et la Haute-Savoie - de tous ses élus de gauche au conseil départemental...

En juin dernier, Manuel Valls clamait sa peur de voir "la gauche disparaître" en France. Il est lucide quand il veut, car ses prédictions alarmistes ont en fait été satisfaites au-delà de ses craintes. C'est pourquoi il a annulé tous ses engagements européens en Allemagne: le conseil des ministres franco-allemand à Berlin et la rencontre avec Mario Draghi, président de la BCE, à Francfort. Tout ça pour recréer du lien avec les parlementaires socialistes et tenter de se rallier les crève-la-faim écologistes (EELV) en mal de maroquin -bio ou non-, les J.V. Placé, de F. de Rugy (au ton mielleux devant les micros qui se tendaient vers lui ce matin), B. Pompili (toute aussi doucereuse) et même E. Cosse (ex-Act Up), qui raille depuis peu la moquette derrière les premiers quémandeurs.   

25 départements perdus : le PS s'est fait atomiser façon SFIO. La gauche française a déjà connu une situation de quasi implosion et de rupture entre son leader politique et l'appareil et si François Hollande souhaite endosser les habits de François Mitterrand, il s'est taillé un costard sur mesures avec la défaite sa défaite historique des élections départementales de mars 2015. Avec la montée de l'extrême droite, sa performance répète l'éclatement de la gauche de Guy Mollet dans les années 1950. 
C'est au point que le président tunisien l'a salué du nom de Mitterrand la semaine dernière, lors de son show médiatique de Tunis, la marche de réprobation des casseurs islamistes du Bardo, le musée de la capitale.

Dans les Yvelines, les 44 sièges reviennent tous à l'UMP, à l'UDI et aux divers droite.


Il n'y aura pas d'opposition au conseil départemental. Les scores de l'UMP atteignent même des sommets dans plusieurs cantons. A Verneuil-sur-Seine, la droite l'emporte avec 76,68% des suffrages face au FN. 74,71% à Aubergenville, toujours face à l'extrême droite. Au Chesnay, la gauche est laminée par l'UMP qui gagne le canton avec 76,34% des voix. 
A Rambouillet, Christine Boutin (67,25%) gagne son duel face au FN, bien que la gauche les dits si proches.
Le Parti socialiste et ses alliés ont perdu les onze sièges qu'ils occupaient avant le scrutin de dimanche.

Même scénario en Haute-Savoie où le département sera bleu horizon: la droite sera seule face à elle-même pendant toute la mandature. 
L'UMP et ses alliés font un grand chelem en remportant les 34 sièges du conseil départemental. Dans plusieurs cantons, l'UMP dépasse ou frôle les 70% des suffrages. Le PS n'était d'ailleurs présent au second tour que dans trois cantons. Dans la précédente assemblée, la gauche occupait trois sièges.
Lien EDA

Dans le Var, la situation est légèrement différente. Si là encore la gauche n'a obtenu aucun siège, la droite trouvera une opposition face à elle puisque le Front national a remporté trois cantons: La Seyne-sur-Mer, Garéoult et Fréjus. A Brignoles, Laurent Lopez, qui était le seul conseiller départemental du FN lors de la précédente mandature, a été battu par l'union de la droite (52,88%).
La gauche a dû lâcher les 10 qu'elle détenait lors du précédent scrutin.
Lien EDA

"Les Français veulent que je reste à mon poste," raconte Manuel Valls:

Valls s'incruste à Matignon,
à quoi sert son rejet massif aux départementales? 

Plutôt que départ, il parle remaniement

Le Premier ministre Manuel Valls, le 17 février 2015 à l'Assemblée nationale à Paris
Valls refuse de prendre la porte

Il n'y aura remaniement que si "un pacte" est conclu avec le reste de la gauche, sur la base de sa ligne inchangée, a affirmé Manuel Valls, ce mardi matin sur BFMTV, après une année de promesses et de vociférations à Matignon et sur tous les écrans et malgré la défaite du PS dominateur  aux élections départementales. 

Valls refuse d'affronter la réalité

Aux autres, il  assure qu' "il faut affronter la réalité, c'est ma marque de fabrique", résumait Manuel Valls pendant la campagne des élections départementales. Ce mardi matin, le premier ministre chassé de l'Essonne est allé défié les républicains en allant défendre sa cause devant Jean-Jacques Bourdin  sur RMC et BFMTV, deux jours après la "fessée" subie par son parti lors de ce scrutin. "Déterminé et serein", Manuel Valls a essentiellement plaidé le "rassemblement" de la gauche face à "la menace terroriste" et au FN, sur BFMTV. 


Pour sonner un peu plus tard le rappel des députés PS avec qui il a rendez-vous à l'Assemblée nationale, le "serin" abandonnera encore ses responsabilités de chef du gouvernement en posant un lapin au patron de la Banque centrale européenne (BCE) à Francfort, Mario Draghi. Le Premier ministre a reporté son déplacement européen pour mieux s'occuper de ses problèmes personnels de maintien au pouvoir et ne participera pas au Conseil des ministres franco-allemand ce mardi à Berlin.

Après avoir voulu incarner la lutte contre l'opposition finalement victorieuse, "chacun a sa part de responsabilité" dans cette défaite, a estimé Manuel Valls ce mardi matin.
"J'assume forcément la mienne", alors qu'une large partie de la gauche (frondeurs du PS, EELV, Front de Gauche) souligne que sa politique "social-libérale" est responsable des "catastrophes électorales" successives. Mais le Premier ministre met en cause la "responsabilité collective". "Je n'accuse personne. Mais la division mène à la défaite", a-t-il martelé, avec sa mauvaise foi coutumière, pointant les désunions de la gauche et l'électorat qui a commis la "faute morale" de la contestation de sa politique par l'abstention: un ni-ni recommandé par... le patron de l'UMP.

Sanctionné, il veut pourtant continuer comme si de rien n'était



Clairvoyance de pros
du décryptage...
Valls refuse de changer de cap. 

"Nous allons poursuivre et approfondir les réformes", a maintenu Manuel Valls, la casquette sur les yeux. Il mise sur la priorité sur "l'investissement privé et le travail". "Tout est fait pour retrouver de la compétitivité", a-t-il affirmé, estimant qu'il y a des "améliorations de la situation économique que les Français ne voient pas".  
Pas de changement prévu donc: le deuxième épisode de la loi Macron devrait même arriver avant l'été, a annoncé Bercy ce lundi. Mais "la remise en cause du CDI n'est pas à l'ordre du jour, même si le patronat l'annonce", a-t-il affirmé. 


Il envisage le rassemblement improbable de la gauche sur la base de ce statut quo attentiste d'un retour de croissance par l'étranger qu'il méprise à Francfort et Berlin



Il n'y aura un remaniement que s'il y a "un pacte" conclu entre toutes les composantes de la gauche. Mais on se demande bien sur quelle base, sinon le chantage de menaces sur les Régionales fixées aux 6 et 13 décembre, dimanches travaillés et consacrés aux achats de Noël... "La politique économique ne peut pas zigzaguer en permanence", oppose-t-il aux frondeurs du PS, qui lui ont mis la pression après les défaites de ces deux derniers dimanches soirs. 
A propos des écologistes, on peut en revanche "zizaguer"... Manuel Valls ne ferme pas la porte du gouvernement aux plus dociles. Au lendemain d'une rencontre EELV-PS à Solférino, en plus de Barbara Pompili et François de Rugy, Jean-Vincent Placé et Emmanuelle Cosse (ex-Act Up) sont d'ores et déjà très conciliants, malgré leurs attaques récentes et des conditions pourtant inchangées.

Un an à Matignon, c'est long, mais trop court pour Valls...



Interrogé sur l'éventualité d'un départ de Matignon, le Premier ministre a estimé que "cela ajouterait une crise politique" à la situation qu'il ne qualifie pas. Et d'affirmer encore: "ce n'est pas ce que les Français veulent". Il dit même avoir le sentiment que "les Français - les mêmes qui "ne voient pas les améliorations" - veulent que je reste à mon poste". Un an après son arrivée à Matignon, malgré les rumeurs de remaniement qui suivent logiquement une telle défaite électorale, 57% des Français souhaiteraient que Manuel Valls reste en place, d'après un sondage M6 (groupe Canal+ !)-Harris Interactive réalisé après les élections départementales (enquête réalisée -en ligne- le 29 mars 2015, au cours du second tour et avant la publication de l'ampleur de la débâcle)



"Battu mais content", pour Libération, Manuel Valls est "déterminé" 

alors que "la gauche est sonnée", estime La Croix. Déterminé à rassembler la gauche qu'il a éparpillée façon puzzle, Manuel Valls tente de recoller les morceaux, "mission difficile," voire "impossible", selon la presse elle-même.

"Si tu reviens, j'annule tout" 

Sans attendre, il a commencé par annuler son voyage en Allemagne, ce mardi, et il ne participera pas au Conseil des ministres franco-allemand mardi à Berlin et a reporté son déplacement à la Banque centrale européenne (BCE) à Francfort. 


Il a choisi de plutôt s'adresser aux députés socialistes à Paris. Pour les "cajoler" ou pour "serrer la vis"?, s'interroge la presse. Peut-être un peu des deux, alors que Manuel Valls a tenté de banaliser le rendez-vous, ce mardi matin, rappelant que le schizophrène s'invite régulièrement à cette réunion de groupe hebdomadaire. 

Départementales: avec la défaite, le PS perd de l'argent et licencie

Coûts de la débâcle: plus d'un million d'euros de pertes et licenciements dans les fédérations

La déroute politique socialiste a un coût financier

La "lourde défaite" des socialistes dimanche soir "va avoir des conséquences importantes sur l'avenir du PS qui est un parti d'élus locaux, essentiellement municipaux et départementaux", admet un proche de François Hollande. "En un an, nous avons réduit considérablement cette double assise municipale et départementale", regrettait-il. En passant de 61 départements à 34, le Parti socialiste est celui qui va y laisser le plus de plumes. Question élus, le PS va subir une purge du même ordre. Avant ces élections, il comptait près de 1450 élus départementaux à la rose. Cette fois, ils ne seront plus que 927, et ce sont les chiffres du Ministère de l'Intérieur publiés le 30 mars qui le disent.

523 conseillers départementaux ont perdu leur emploi du fait de la politique du PS, qui doit réduire ses effectifs de 1.439 à 927, soit de près d'un quart, selon les chiffres du parti. Après les sénatoriales perdues, ce fut aussi  la déroute socialiste des municipales de mars 2014quand le nombre d'élus PS avait été divisé par deux, passant de 64.000 encartés et apparentés à environ 30.000 en perdant 155 villes de plus de 9.000 habitants, selon les chiffres donnés quelques mois plus tard par la Fédération nationale des élus socialistes et républicains. Cela s'était traduit par "un manque à gagner de 700.000 à un million d'euros dans les fédérations", a affirmé lundi Jean-François Debat, trésorier du PS. En mars 2014, le parti au pouvoir a en fait perdu autour d'un million d’euros de cotisations par an (et plus de 1.500 collaborateurs sans emploi). D'après le dernier rapport de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, ils auraient reversé 16,3 millions d'euros à leur formation d'origine en 2013.

Au-delà du sort des élus, il faut penser à tous les assistants qui vont perdre leur emploi en même temps. Les municipales de 2014 ont coûté leur poste à environ 2000 d'entre euxA l'effondrement du maillage politique correspond en effet un affaiblissement des réseaux clientélistes et un coût humain pour les fédérations du PS. Après les municipalités, chaque département va maintenant devoir licencier du personnel administratif. Sans oublier les collaborateurs des conseillers départementaux battus qui se retrouvent sans emploi au lendemain de la défaite. Autant de salariés que le PS va devoir essayer de recaser.

Le Parti socialiste enregistre une perte d'environ 20.000 adhérents

Fin 2014, le parti comptait 150.000 militants, dont seulement 60.000 à 70.000 à jour de cotisation, contre 170.000 fin 2013. Le premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis, candidat à sa succession en juin, ambitionne de faire du parti une formation de... 500.000 adhérents.
Selon des estimations indépendantes du PS, le parti de la rose a vu s'envoler près de 800.000 euros avec une diminution du nombre de militants. Rappelons qu'un parti comme le PS est financé à 20% par ses élus locaux (voire 27%, selon ) et perçoit 20% de cotisations de ses militants - le reste, ce sont des subventions accordées par l'Etat. Mais "le reste" représente sa première source de revenu. Et l'Etat, c'est nous, quoi qu'en dise Hollande.

Financement des principaux partis politiques en 2013: les cotisations de ses élus représentent la deuxième source de revenu du PS.
departementales 2015

L' échec des départementales coûte 1,2 millions 

Moins de conseillers élus dimanche veut dire moins de recettes dans les caisses. Les élus socialistes donnant en moyenne environ 10 % de leur indemnité mensuelle aux fédérationsComme celle-ci varie en fonction de la taille du canton de 18.240 à 32.000 euros par an (soit un revenu moyen de 25.080 euros), la cotisation annuelle tourne autour de 1.880 euros,  par an pour chaque conseiller général PS, estime grosso modo Jean-François Debat. En 2014, le PS aurait donc touché environ 2,7 millions d'euros de ses conseillers généraux. La perte de presque trente départements pourrait donc se traduire par un manque à gagner de plusieurs centaines de milliers d'euros: 1.229.000 euros chaque année, mais les évaluations sont très approximatives. "Ça représente quelque chose, mais ne met pas non plus nos fédérations à genoux", a toutefois minimisé le trésorier du PS. Le budget global du Parti socialiste, avec ses 101 fédérations, est de "63 à 65 millions", a-t-il rappelé. 
Rapporté à son budget 2013 de 60 millions d'euros, cela représente néanmoins une baisse sensible des recettes de 1,6%. Surtout, le dernier budget publié par la CNCCFP ne prend pas en compte les défaites du PS aux élections municipales de 2014...  "Cela amènera certaines fédérations à faire des choix sur leurs dépenses", conclut Debat.


lundi 30 mars 2015

Et la gauche pourrait ne remporter aucun département

Et si le nombre de présidents élus était "moins bon que si c'était pire" !...

66 départements à la droite, 33 à gauche,

  
le Vaucluse échapperait au FN  et  la Lozère au PS 
Dimanche soir, on annonçait le basculement de la Lozère, seul département de France a faire le chemin inverse des autres, de la droite vers la gauche. Mais le PS a peut-être acheté la peau de la Lozère avant de l'avoir attrapée: ce département pourrait finalement rester à droite après avoir été donné un peu vite pour vendu à la gauche: un attrape-nigaud dont se serait passée la gauche comme cerise sur le gâteau de ces départementales calamiteuses. "C'est historique ! Cela ne s'était jamais produit, mais ce n'est pas le fruit du hasard. C'est le fruit de 35 ans de travail de la gauche, de nous et de nos prédécesseurs", avait conclu, mais un peu vite, le sénateur et maire DVG de Mende, Alain Bertrand, depuis la préfecture du département.
Or, la victoire annoncée des socialistes et de leurs alliés n'est pas acquise.
Au bout de la nuit, le sénateur maire socialiste de Mende, Alain Bertand, faisait ce constat désabusé: "La droite a perdu le département; nous ne l'avons pas encore gagné". 
Elle reste pourtant incertaine jusqu'à jeudi matin, voire remise en question lors de l'élection du président du Conseil départemental.


 La droite et la gauche ont obtenu six victoires chacune. 

Suite au redécoupage électoral, la Lozère est composée de 13 cantons. Dans le 13e, celui de Chirac, le député UMP, l'avocat Pierre Morel-A-L'Huisser et Michèle Castan ont été battus par un binôme composé de Henri Boyer (maire de Chirac) et sa colistière Sophie Malige. Deux candidats sans étiquette qui, pour avoir battu un binôme de droite, ont rapidement été placés dans le camp de gauche. Peut-être avec précipitation.
Henri Boyer a en effet prévenu ce lundi 30 mars qu'il n'a pas encore pris sa décision sur le nom du candidat qu'il soutiendra pour la présidence du Conseil général. "Je me déterminerai quand ils [les élus de gauche] se seront mis d'accord. Pour l'heure, je ne sais pas vers qui je me rallierai. Le président Pourquier m'a appelé. On va voir", déclare-t-il.

Le président Jean-Paul Pourquier, c'est le président UMP sortant du Conseil général. Et qui pourrait conserver la présidence si le maire de Chirac donnait un coup de main à la droite.



Valls et son gouvernement, tous déjugés: peuvent-ils se maintenir contre le peuple ?

Aucun ministre survivant au "crash" des départementales

François Hollande, président de la République: chassé de Corrèze;

Manuel Valls, premier ministre, chassé de l'Essonne;



Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et du Développement international, chassé de Seine-Maritime;

Ségolène Royal, ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie, virée des Deux-Sèvres où elle a été parachutée:

Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche: Lyon-ville n'était pas appelé à voter... Mais le Rhône est gagné par la droite;

Christiane Taubira, garde des sceaux, ministre de la Justice: la Guyane n'était pas appelée à voter... 

Michel Sapin, ministre des Finances et des Comptes publics, majorité sortante UMP reconduite dans l'Indre;

Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense (mais plutôt de la guerre), chassé du Morbihan passé à l'Union de la droite;

Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes, chassée d'Indre-et-Loire;

François Rebsamen, ministre du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social, chassé de Côte-d'Or;

Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, chassé de la Manche;

Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Forêt, porte-parole du Gouvernement, sur le départ de la Sarthe;

Emmanuel Macron, ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique: n'a aucun ancrage municipale ni départemental, n'a jamais sollicité de légitimité populaire...

Sylvia Pinel, ministère du Logement, de l'Égalité des territoires et de la Ruralité,  sur le départ de Tarn-et-Garonne;

Marylise Lebranchu, ministère de la Décentralisation et de la Fonction publique, admise à faire valoir ses droits à le retraite hors du Finistère;

Fleur Pellerin, ministre de la Culture et de la Communication, n'a aucun ancrage municipale ou départemental: sans aucune légitimité populaire...

George Pau-Langevin, ministre des Outre-mer, en attente des Régionales de décembre: elle est conseillère régionale d'Île-de-France.

Patrick Kanner, ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, viré de la forteresse PS du Nord, dont il était le président (2011-2014).

Le bilan des Départementales est sans appel.
Le gouvernement a été massivement désavoué; 
il ne peut s'incruster.


samedi 28 mars 2015

En Corrèze et en Essonne, les départementales pourraient être fatales à l'exécutif

Hollande et Valls sont des abcès de fixation du mécontentement populaire   

Parmi les départements à surveiller, la Corrèze et l'Essonne

  
Président Hollande tendu et hautain
lors de son passage à Tulle
pour le 1er tour de la départementale
Le PS a beaucoup à perdre, notamment le Nord et le Pas-de-Calais, le Vaucluse, le Val-de-Marne, l'Isère, les Pyrénées-Orientales, le Finistère ou les Bouches-du-Rhône, lors des départements pour le second tour des élections départementales dimanche. 

La politique de François Hollande met le PS en danger en Corrèze  

Aura-t-il suffi de faire pleuvoir la manne présidentielle sur Tulle et ses environs? Lors des municipales, l’an dernier, François Hollande avait été frappé par la perte de Limoges, aux mains de la gauche depuis un siècle. Ce dimanche, au second tour des départementales, c’est la Corrèze de Chirac, dans le même Limousin, que l’UMP rêve de reprendre. Le trophée ne serait pas que symbolique: il serait le starter de la débâcle nationale. Le département est le fief du chef de l’Etat, après avoir été jadis celui de Jacques Chirac. 
C’est là que le leader socialiste a été parachuté de Rouen et Paris, à 550 km, dans les années 1980, et a construit sa carrière politique. C’est aussi sur cette terre qui "fait pousser des champignons et des présidents " – selon sa propre formule – qu’il s’est officiellement lancé dans la course à l’Elysée en mars 2011, juste après avoir été réélu à la tête du Conseil général (qu’il a présidé de 2008 à 2012). A l’époque, la gauche l’avait emporté de peu, comme en 2008. 

Cette fois, la majorité sortante, conduite par le socialiste Gérard Bonnet, est en difficulté. Victime de l'impopularité nationale du président Hollande. Malgré une participation relativement élevée, de 59,6 %, le PS n’a remporté aucun canton au premier tour. Et un seul de ses binômes a viré en tête : celui de Bernard Combes, maire de Tulle, premier vice-président du Conseil général et conseiller à l’Elysée, à qui il n’a manqué que 8 voix pour l’emporter. La droite, rassemblée autour de Pascal Coste, chef de file de Corrèze demain (UMP-UDI), a déjà gagné 4 cantons sur 19 – dont 2 arrachés à la gauche – et est en ballottage favorable dans au moins 5 autres. Beaucoup sont indécis. " La Corrèze se joue à rien", tente-t-on de se rassurer Rue de Solferino. Mais l’inquiétude domine : seule la mobilisation des électeurs de toute la gauche pourrait encore permettre au PS de renverser la vapeur. Mais la tentation est forte pour les militants d'extrême gauche comme d'Europe Ecologie-les Verts (EELV) de se faire respecter. 

Essonne : le " frondeur" Jérôme Guedj (PS) est sur un siège éjectable

La  droite est aux portes de l’Essonne. Elle est arrivée en tête au premier tour dans 9 cantons sur 21 et elle est en ballottage favorable dans plusieurs autres. La dynamique de l'opposition s'amplifie depuis les municipales de 2014, à l’issue desquelles elle avait raflé de nombreuses villes, dont Palaiseau, à la gauche, qui contrôle le département depuis 1998. 
Malgré une méchante affaire montée de toutes pièces -par deux employées communales frontistes défendues par Me Gilbert Collard- et jetée dans les pieds du maire de Draveil, l’ancien ministre (2010-2011) UMP Georges Tron, candidat à la présidence du Conseil départemental, s’est imposé avec 10 points d’avance dans le canton de Draveil. Mais le Front national pourrait jouer les arbitres après sa percée dimanche dernier. Le parti d’extrême droite est arrivé en tête à Corbeille-Essonne et se maintient au second tour dans sept autres cantons de l'Essonne. Ainsi comprend-on pourquoi Manuel Valls agresse le FN à longueur de journées.
Face à la pression des oppositions, le PS ne pourra exploiter l'excuse de divisions de la gauche qui, pour la circonstance, s'est rassemblée  dès le premier tour dans 8 cantons. Et elle s’est au final qualifiée dans 17 cantons. Jérôme Guedj, le président sortant PS (depuis 2012 seulement) du Conseil général, veut donc encore y croire et martèle son message de rassemblement.
La secrétaire d'Etat P. Boistard accompagnée du secrétaire d'Etat à la Réforme de l'Etat et ancien député de l'Essonne Thierry Mandon,
portaient à bouts de bras le président sortant du CG Jérôme Guedj,
outre la secrétaire nationale d'EELV E. Cosse,
distribuant des tracts contre Georges Tron à Juvisy-sur-Orge.
 
Mercredi, le canton a vu déferler les responsables parisiens: la patronne des Verts, Emmanuelle Cosse, qui intrigue pour entrer au gouvernement, et rien que deux  secrétaires d’Etat du gouvernement  de Manuel Valls (député de l'Essonne, 2002-2012, et président de la Communauté d'agglomération Évry Centre Essonne, 2008-2012), Pascale Boistard (Droits des femmes et députée de la... Somme) et Thierry Mandon (Réforme de l’Etat et député de... l'Essonne), venus tracter pour faire barrage à Georges Tron. 
 Taubira est venue soutenir, non pas Valls,
mais Guedj, qui aurait préféré la laisser hors de tout
Le forcing est d'autant plus manifeste que, comme ces membres du gouvernement, Christiane Taubira est allée faire campagne en Essonne, le département du premier ministre Manuel Valls, où le PS est en très grande difficulté.
Une telle pression socialiste s'apparente à de l'abus de pouvoir mais risque d'indisposer l'électorat résistant au parti unique et à toute forme de totalitarisme.

 

Départementales: l'AFP poursuit la campagne de la gauche

"La droite 'veut évincer' la gauche, le FN 'rêve de victoires'," titre l'AFP: procès d'intention peu banals... 

"La droite espère infliger une lourde défaite à la gauche sur la lancée du premier tour

et reléguer à l'arrière-plan la forte poussée du Front national", écrit Thierry Masure (AFP), alors que plus de 40 millions d'électeurs sont supposés aller aux urnes dimanche pour le second tour des élections départementales. Cette introduction donne le ton de la dépêche partisane intégralement diffusée par Libération dès 8h49, suivi de fr.news.yahoo.com vers 11h00, ce samedi. La dépêche d'agence est d'ailleurs reprise en choeur par actu.orange.fr, lanouvellerepublique.fr, larepubliquedespyrenees.fr ou lavoixdunord.fr, etc... sans qu'il soit question de plagiat, puisqu'il est convenu que l'AFP sert d'interface entre le pouvoir et les organes de presse paresseux ou serviles. Travailler moins pour gagner plus que le bosseur unique !  
Après un dimanche marqué par "une abstention importante (49,83%, soit un électeur sur deux)" - ce qui n'est pas une caractéristique recevable, puisque la participation est supérieure à celle du précédent scrutin et à celui attendu - la mobilisation de l'électorat sera "le premier enjeu du scrutin" -certes non négligeable, mais secondaire, selon le premier ministre lui-même qui a tempêté pour imposer le "front républicain" qui l'arrange, mais aussitôt bafoué. L'AFP sert de relais à l'Elysée, mais leur  argumentaire commun ne tient pas la route.

Après avoir accusé les divisions de la gauche au premier tour -bien que sa politique et les invectives de Valls les aient provoquées- le PS, dominant mais très affaibli, prévoit désormais d'expliquer la débâcle annoncée par une désaffection de ses électeurs déçus, voire en colère. Sur instruction de Matignon, l'AFP met d'ores et déjà en cause l'abstention responsable de la perte de la moitié ou plus des départements (61) qu'elle administre: un pronostic pourtant déjà établi avant le premier tour... Clairement, l'exécutif aimerait trouver sa planche de salut dans la mobilisation des déçus de la gauche.

Les conseils départementaux, dont tous les présidents seront élus jeudi, gèrent un budget annuel supérieur à 70 milliards d'euros, près de trois fois plus que celui des régions, allant des aides sociales - ce n'est pas pour autant que la Seine-Saint-Denis a voté plus et mieux que les autres: les allocs tombent de toute façon ! - à l'entretien des routes et des collèges, en passant par le développement économique. Pour autant qu'on sache, puisque la réforme ne permet ni aux candidats, ni aux électeurs de savoir au moment du scrution ce qu'ils seront effectivement...

VOIR et ENTENDRE la ministre de la Justice, Christiane Taubira, débiter ses mensonges, polémiquant aux Ullis, à deux jours du second tour des élections départementales, en soutien aux candidats PS de l'Essonne, département menacé du premier ministre Manuel Valls:


Aux Ulis, Taubira veut convaincre les... by afp

Le scrutin concerne donc encore l'immense majorité d'entre eux: 1.905 des 2.054 cantons

149 cantons ayant été pourvus dimanche dernier, la gauche aligne 1.334 binômes (homme/femme indépendants l'un de l'autre), la "droite républicaine" 1.602, et le Front national 1.107. Ces binômes s'affronteront dans 1.614 duels (près des 3/4) et 278 triangulaires.

Au premier tour, avec un score de 25,2% et un bond de dix points par rapport à 2011, le Front national est arrivé en tête dans 43 départements, taillant des croupières à la droite (36,6%) comme à la gauche au pouvoir (38,1%), qui ont atteint chacune un niveau très bas, souligne finement l'AFP, avec la volonté de banaliser le revers des gauches, tout en cumulant discrètement les scores du PS et de l'extrême gauche... L'AFP se garde en outre d'expliquer que l'émergence d'une troisième force (le FN), favorisée par l'Etat-PS, a un effet mathématique immédiat sur la baisse des scores des partis traditionnels habitués au bipartisme.

Mais, grâce à l'alliance entre l'UMP et l'UDI, la droite (28,75%) a creusé l'écart sur le PS (21,47%). Par l'effet mécanique du scrutin majoritaire et le report des votes "divers droite" du premier tour (6,81%), une trentaine au moins de départements peuvent tomber dans son escarcelle. A noter que cet "effet mécanique du scrutin majoritaire et le report des votes 'divers droite' " pourrait s'appliquer pareillement en faveur du PS, si EELV (2%) et l'extrême gauche (6%) y étaient disposés... 

Après la vague bleue des municipales, la droite pourrait convaincre de Marseille à l'ensemble du département des Bouches-du-Rhône, détenues par le PS depuis plusieurs décennies, et conquérir  notamment l'Isère, l'Allier, les Pyrénées-Orientales, sans compter la très symbolique Corrèze, terre d'élection de François Hollande.

Le pouvoir de Valls vacille dans l'Essonne

Sur les terres de Valls, en Essonne,
c'est où J. Guedj, le frondeur socialiste,
ou l'UMP, Georges Tron !
Comprenez l'hystérie du premier ministre !
Le FN aura du mal à franchir la barre des 50% synonyme de victoire en cas de duel, faute d'alliés.  Il peut davantage s'imposer dans les triangulaires. D'autant que, en vertu du "ni-ni" recommandé par l'UMP, cette liberté autorise l'expression d'un vote-sanction. Cette possibilité est rendue nécessaire par le quinquennat qui ne dissocie plus présidentielle et législative: les Français sont ainsi privés d'une possibilité de rejet de la politique du pouvoir en place pour cinq années, quoi qu'il arrive. Le premier parti de France a pu se maintenir dans un nombre important de cas, ce qui fait rager la gauche arrivée 3e, qui a dû jeter l'éponge dans 26 cantons où le PS  estime ne pas pouvoir gagner face à la droite et au FN. Le PS ne s'est pas retiré pour barrer la route à l'extrême droite, mais parce qu'il n'avait pas atteint le seuil légal de 12.5% des suffrages exprimés lui permettant de se maintenir ou que le vote socialiste avait un faible impact. 

Le FN croit à sa victoire dans le Vaucluse, terre élective de Marion Maréchal-Le Pen où le parti d'extrême droite est arrivé en tête dans 11 des 17 cantons. Les ambitions du FN se portent également sur l'Aisne, voire le Pas-de-Calais et le Gard.

Pour réénchanter le scrutin, pour tenter toute la semaine de mobiliser les électeurs de gauche, le Premier ministre Manuel Valls a continué à délaisser sa charge à Matignon. 

Il a laissé à d'autres l'exploitation compassionnelle et médiatique du crash de l'A320, sur le territoire français, pourtant.  "Rien n'est joué", a-t-il asséné, rappelant qu'au premier tour déjà, la participation a été plus importante que ne le prévoyaient les sondages -et contrairement aux dires de l'AFP (ci-dessus). Il va même jusqu'à la contre-vérité en affirmant que c'est ce qui aurait "permis à la gauche de ne pas sombrer."  Mais l'exécutif est -sur tous les sujets- dans le déni: il suffit de penser à sa présentation mensongère, cette semaine, des chiffres du chômage: comment les électeurs en recherche d'emploi ne lui en tiendraient pas rigueur ?

Valls s'est félicité des démonstrations de "rassemblement" d'une gauche éclatée au premier tour, tel ce meeting jeudi en Seine-Saint-Denis réunissant Claude Bartolone (particulièrement motivé en tant qu'ex-président sortant PS), Pierre Laurent (PCF) et Emmanuelle Cosse (Europe Ecologie-Les Verts, laquelle aspirerait à entrer au gouvernement tandis que sa camarade (vert dehors, rouge dedans), l'hystérique Duflot, tire à boulets rouges sur le gouvernement).

VOIR et ENTENDRE toutefois les sifflets et appels à la démission des agriculteurs qui ont accueilli un Valls, tremblant du pied droit comme une feuille: 
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Un sérieux accroc toutefois au "front républicain": le Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon n'a donné aucune consigne de vote.

A droite, Nicolas Sarkozy n'a pas esquivé le combat contre Manuel Valls, pointant les "leçons de morale" d'un PS pris au piège de son double langage. Selon Gérald Darmanin, député-maire UMP de Tourcoing, "la gauche est en 3e position dans 89 triangulaires. Elle se maintient dans 68. Quelle différence entre les discours et les faits !"

La campagne s'achève  samedi à minuit, mais la distribution des documents électoraux est interdite depuis vendredi soir minuit.
Les bureaux de vote seront ouverts de 8h00 à 18h00. Jusqu'à 19h00 dans beaucoup de villes moyennes (Brest, Dijon, Chambéry, Toulon, Tours..), jusqu'à 20h00 à Bordeaux, Marseille, Nantes, Toulouse et en Ile-de-France.
Certains électeurs ne sont pas sollicités. Ainsi, à Paris ou Lyon, ni en Guyane, ni en Martinique.