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dimanche 5 février 2017

Affaire Penelope: après les gaz de la rumeur, les skuds des sondeurs

Baisse des intentions de vote à l'instant T de la tempête 

Seulement 32% des Français veulent que François Fillon reste candidat à l'élection présentielle

PhotoSur 1.007 personnes interrogées vendredi et samedi sur des soupçons d'emplois fictifs dont aurait bénéficié sa femme, 68% disent ne pas vouloir que l'ancien Premier ministre, candidat de la droite, insiste une agence de presse étrangère, maintienne sa candidature.

Les sondés sont seulement 23% à le juger "honnête" et 28% à estimer qu'il comprend les problèmes de gens comme eux.

Mais 64% d'entre eux estiment que François Fillon restera malgré tout candidat, contre 35% qui sont d'un avis inverse.

Concernant un éventuel candidat de substitution, dans l'hypothèse d'un 'plan B' avancée par des media, ils placent le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, en tête de leurs préférences (39% d'avis positifs), juste devant l'ancien ministre François Baroin (38%), à seulement un point, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez (29%) et sa collègue d'Ile-de-France, Valérie Pécresse (25%).
Le président du Sénat, Gérard Larcher, ne recueille pour sa part que 24% d'avis positifs.

Les charognards - politiques et médiatiques - sont les mêmes en 2012 et en 2017

Les accusations visant François Fillon et sa famille rappellent curieusement celles dont ont été victimes Nicolas Sarkozy et Eric Woerth, également à la veille d'une présidentielle, celle de 2012.

L'opération Bettencourt fut déclenchée à gauche à l'approche d'une présidentielle  
En juin 2010, de pseudo-"révélations" émanèrent du journal trotskiste en ligne Mediapart et d'Hervé Gattegno, un journaliste venu du Nouvel Observateur et proche d'Arnaud Montebourg selon L'Express. Il fut collaborateur au quotidien Le Monde de 1992 à 2007 et, au moment des accusations, rédacteur en chef de la cellule investigation de l'hebdomadaire Le Point dont le propriétaire milliardaire François Pinault appela à voter François Hollande en 2012. Le manipulateur est désormais éditorialiste à...BFMTV.

Les juges n'ont rendu justice qu'en 
mai 2015
L'ex-ministre UMP Eric Woerth devra attendre cinq années pour que, dans les deux volets de l'affaire Bettencourt, le tribunal correctionnel de Bordeaux prononce en sa faveur une double relaxe.
En droit pénal français, la relaxe est une décision prononcée par un tribunal correctionnel au cours du procès lorsque ni l'enquête ni la justice ne peut établir la preuve de la culpabilité d'un prévenu.

Dans cette opération "d'une extrême ampleur" "de calomnie très professionnelle", comme peut encore le dire aujourd'hui François Fillon,  la justice se résigna à accorder un non-lieu à Nicolas Sarkozy. 
Une telle décision de justice marque l'abandon d'une action judiciaire en cours de procédure, lorsque le juge d'instruction ne dispose pas des éléments justifiant la poursuite d'une action en justice.
Des "révélations" avaient suinté en 2010 sur un éventuel financement illégal de la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy par le couple Bettencourt. Placé sous le statut de témoin assisté en novembre 2012, l'ancien président fut mis en examen en mars 2013 pour abus de faiblesse sur Liliane Bettencourt. Mais une décision de non-lieu est finalement rendue en sa faveur le 7 octobre 2013, après trois années de calomnies dont la presse n'a pas eu à rendre compte...

A droite, Alain Juppé avait pourtant estimé qu'Éric Woerth "doit choisir" entre ses fonctions de ministre et celles de trésorier de l'UMP. Plusieurs anciens premiers ministres de l'UMP avaient aussi manifesté leur préoccupation : Jean-Pierre Raffarin n'avait-il pas souhaité un "remaniement profond du gouvernement" ? 

Côté gauche, Ségolène Royal, la candidate de la gauche battue à la présidentielle de 2007 avait lancé que "le système Sarkozy est corrompu". Et de nombreux responsables socialistes avaient frontalement attaqué Eric WoerthJean-Marc Ayrault, futur premier ministre du Radical Jérôme Cahuzac, fraudeur du fisc dont il avait la charge au gouvernement de HollandeJean Glavany, Christian Eckert, Claude Bartolone, devenu président de l'Assemblée nationale, et Benoît Hamon, actuel tombeur de Manuel Valls et candidat de l'aile gauche du PS à l'élection présidentielle de 2017.

Dans la presse engagée, le quotidien Le Monde estima alors que "l'Élysée est dépassé par l'affaire Bettencourt" et on évoqua un remplacement d'Éric Woerth par Xavier Bertrand. Martine Aubry, première secrétaire du PS, avait dénoncé la tentation du "tous pourris" mais aussi réclamé des preuves avant de demander la démission du ministre du Travail.

Le 5 juillet 2010, Libération brandit déjà un sondage dans lequel 64 % des Français estimaient que "les politiques sont plutôt corrompus".

Combien des sondés choisis sont-ils des électeurs d'opposition à la gauche ? 
L'Histoire se répète et les Français interrogés par l'Ifop pour le Journal du Dimanche se laissent prendre à chaque fois. 
Mais les autres ?

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