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mercredi 8 février 2017

La culture française, connais pas, déclare le candidat Macron

Emmanuel Macron et le déni de culture française

"Il n'y a pas de culture française. Il y a une culture EN France. Elle est diverse" 
Ces mots ne sont pas d'un imam radicalisé, mais d'Emmanuel Macron.
Le candidat les a proférés à Lyon, capitale des Gaules, lors de son meeting dominical du 5 février dernier. Passé par le lycée Henri IV, l’ENA, la banque Rothschild et l’Inspection générale des Finances, l'ancien secrétaire général adjoint de l'Elysée pourfend régulièrement un "système politique" dont il dénonce précisément... "la vacuité". 
Farouchement, Yves Jégo, député de Seine-et-Marne et maire de Montereau-Fault (Yonne), développe la thèse du chérissement des racines, en bonne intelligence avec les communautaristes qui soutiennent leur propre culture importée, avec la bénédiction des laïcs de la gauche internationaliste.

Pour l'ancien secrétaire d'État chargé de l'Outre-mer, la spécificité de la culture française est en revanche ce qui nous permet notamment de ne pas nous perdre dans le matérialisme. "Partout dans le monde on sait qu'il y a une culture française et on aime la France pour sa culture, rappelle  semble l'ignorer lorsqu'il déclare qu'"il n'y a pas une culture française, il y a une culture en France et elle est diverse".
Pour l’ancien ministre de l’Economie, le périmètre de la culture se réduit au champ de ses puissants soutiens industriels et médiatiques : l'homme d'affaires franco-maroco-israélien Patrick Drahi, patron cumulard de BFM TV, RMC, Libération, L’Express ; le milliardaire Pierre Bergé, actionnaire quasi majoritaire du Monde, de Courrier international et de... Télérama; et des girouettes du microcosme, j'ai nommé Jacques Attali (ci-dessous à sa droite) et Alain Minc; sans compter les deux inénarrables Nanard Kouchner et Tapie ; mais sans oublier Jean Arthuis, Corinne Lepage, Jean-Paul Huchon ou Jean-Marie Cavada qui ne faisaient déjà pas envie au XXe siècle..."
Jacques Attali et Emmanuel Macron, lors de la premire runion de la commission Attali, en septembre 2007







A la banque Rothschild, une partie de son temps est dédiée à " l’influence". Ainsi, il conseilla "bénévolement" la société des rédacteurs du Monde (SRM), lorsque le trio Bergé, Niel et Pigasse s’apprêtèrent à reprendre le quotidien (dont les propriétaires sont aujourd’hui les mêmes que Rue89 appartenant au groupe L'Obs, propriété des mêmes Pierre Bergé, Xavier Niel et Matthieu Pigasse).
Quand Matthieu Pigasse, de la banque Lazard, soupçonna David de Rothschild d'intentions mauvaises, Macron démentit, mais c'est ce dernier qui resta soupçonné de favoritisme pour Prisa, un groupe de presse espagnol (El País, actionnaire à 15 % du groupe Le Monde), qu’il conseillera un an plus tard lors d’une restructuration financière.
Pour Arnaud Montebourg, ce jeune qui plaît aux vieux est "le candidat des media". Celui "des banques", selon Marine Le Pen, et "l’incarnation de l’élite mondialisée", dixit le président des Républicains Laurent Wauquiez. Même registre sémantique du côté de Nicolas Dupont-Aignan, qui le voit en représentant de "l’élite déconnectée du peuple". Emmanuel Macron, tout frais candidat à l’élection présidentielle, a un talent certain pour mettre d’accord tout le reste du paysage politique contre lui.

Cette déclaration d'ex-banquier n'est pas anecdotique, souligne Jego. "Elle est même le signe inquiétant d'une vision destructrice de ce qui fait depuis toujours la spécificité de notre pays.
Prétendre qu'il n'y a pas de culture française mais une culture en France est le fruit d'un reniement profond qui revient, par déduction, à expliquer qu'il n'y a pas de langue française mais une langue en France qui serait par nature diverse.
Or, "notre langue française est aujourd'hui la seule, avec l'anglais, présente sur tous les continents."  Macron cherche-t-il à lui faire un mauvais sort, alors que l'anglais se maintient comme langue européenne officielle, alors même que les Britanniques s'acheminent vers la sortie ?

"Notre langue française est aujourd'hui la seule, avec l'anglais, présente sur tous les continents et, par conséquent, l'un des vecteurs de notre spécificité culturelle." Du maintien de notre identité propre dans cet univers.
"La langue française est singulière et pourtant sans effacer les langues de France, les langues régionales, les créoles, elle nous lie et nous relie au monde.

Oui, il y a bien une culture française et elle est riche, diverse, vivante, elle est singulière et ouverte; elle l'a toujours été.
Image associée
Au Puy du Fou, en août 2016, Macron a salué "l'entrepreneur culturel" Philippe de Villiers  (MPF) :
"Le Puy du Fou, c’est un fleuron français, c’est une formidable réussite culturelle, une réussite économique avec 1 500 emplois directs, plus de 3 000 emplois indirects et des milliers de bénévoles", avait déclaré le ministre de l’Économie, il y a six mois...
Quand nous affirmons, qu'il y a une culture française ce n'est pas parce que nous prétendons qu'elle est supérieure aux autres; c'est parce que nous savons qu'être Français, c'est partager une culture commune, une langue bien spécifique et l'esprit de la République.

Affirmer l'existence d'une culture française, c'est concevoir la culture comme un bien commun. Dans la formule de l'ancien banquier d'affaires, ce qui est le plus troublant et au fond révélateur, c'est cette idée - qui est à la base du communautarisme si contraire à l'esprit de notre République- , selon laquelle chacun porte sa propre culture et que notre pays doit [devrait et pourrait] s'arranger de ces diversités qui ne partagent plus rien de commun.

Non, l'essentiel, le fondamental, c'est notre capacité à faire vivre une culture commune, de la chérir et de l'enrichir ensemble.
Mélenchon fustige le projet culturel d'E.Macron
Alors oui, il existe bien une culture française spécifique et unique, née d'un subtil et puissant mélange issu de notre histoire [et même notre Histoire, si on n'a peur ni des majuscules, ni des mots et des réalités] et de ceux qui ont forgé la nation française.

D'autant que la culture française n'est pas figée, elle évolue en permanence, Alors comment peut-on en nier l'existence ? Et la vigueur.
"Dire qu'il n'y a pas de culture française, c'est ramener la France à une société sans personnalité [ni fondement], consommatrice de produits culturels mondialisés." Aujourd'hui américains; demain, chinois ou indiens.  

Si comme semble le penser l'ancien inspecteur des Finances il n'y a pas de culture française, il n'y a alors pas non plus d'exception culturelle française, ce qui sous-entend une inquiétante soumission aux normes anglo-saxonnes et viendrait clore à notre détriment un combat que la France mène sur toutes les scènes internationales." Nier notre spécificité nationale (voilez ce mot que je ne saurais voir), c'est la noyer dans la globalité internationale et nous y perdre, corps physiques et biens culturels.

"Cette saillie [de candidat en quête de visibilité dans la diversité des quartiers] sur l'absence de culture française est en fait révélatrice d'un dogme qui s'applique déjà à l'économie et détruit peu à peu le produit en France, ruine notre appareil de production.

L'ancien ministre de l'Economie rejoint cette frange ultralibérale du monde économique qui pense qu'un produit est français même s'il est fabriqué en Chine ou ailleurs [sous licence française. Hollande en est réduit à trafiquer les chiffres du chômage métropolitain, avec les grosses pattes de Michel Sapin, occultant la souffrance de nos concitoyens d'Outre-mer...] Designed in California but Made in China, telle est la philosophie d'Apple entreprises globalisées et de bien d'autres entreprises actrices de la mondialisation.

"Cette dérive explique sans doute à la fois leurs profits gigantesques mais aussi en grande partie le retour du populisme qui a porté Donald Trump au pouvoir et risque de faire de même pour Marine Le Pen.

A force de voir niées leur spécificité nationale, les peuples se rebellent et le nationalisme resurgit sous une forme brutale.

Entre la vision protectionniste de ceux qui pensent que la France ne peut survivre que dans la restauration nostalgique d'un pays séparé du monde [ce que le Royaume Uni semble réaliser pourtant, dès ses premiers pas hors de l'Union européenne où elle n'avait engagé qu'un seul pied, se gardant de la zone euro] et la vision mondialiste, dont le "néolibéralisme" d'Emmanuel Macron, dans sa négation de la singularité culturelle française, est l'expression, je crois en la singularité culturelle française qui est celle d'une France exigeante et ouverte, soucieuse d'enrichir sa civilisation, une France qui n'oublie pas que sa singularité culturelle est un atout pour sa croissance et pour son rayonnement au-delà de ses propres frontières. 
C'est ce rapport à la culture française qui nous interdit de nous oublier dans le mépris des autres [et permet l'accommodement de la diversité de bonne volonté à notre culture] ou de nous perdre dans le matérialisme.

Nul doute que cette saillie de Macron, diplômé de philosophie, n'annonce une longue série d'autres. Que Macron aille les tenir en Chine, pour voir. Car, dans l’empire du Milieu, si on laque les canards avant de les manger, il aurait à craindre qu'on puisse y pendre les dindons avant de les donner aux cochons.

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