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mercredi 1 février 2017

Montée en flèche des actes anti-chrétiens en 2016

La "laïcité" ne bénéficie pas à tous: les actes anti chrétiens en hausse de 36.9 % en France

Le mois de décembre 2016 a été particulièrement "lourd" 
en actes christianophobes

26 lieux ont été frappés, rapporte l’Observatoire de la christianophobie qui vient de publier sa synthèse annuelle sur les actes anti-chrétiens commis en France en 2016. Ce bilan est le plus élevé de toute cette année 2016, juste après janvier et ses 24 lieux touchés. 

En nombre d’actes christianophobes différents, décembre vient en troisième position avec 34 actes, plus d’un par jour…
On en compte 35 déclarés en mai et 131 en avril. Ce chiffre préoccupant tient essentiellement à l’attaque de quelque 106 sites internet chrétiens par des pirates

En nombre de départements touchés, décembre en a compté 20, un peu moins que mai qui fut un mois 'record' avec 22 départements touchés.  Cette dernière synthèse pour l’année 2016, nous permet de tirer un bilan provisoire des actes de christianophobie en France sur les douze moins écoulés: 374 actes différents contre 273 en 2015, soit une augmentation de 36,9 %.

La christianophobie gagne du terrain en France

Depuis cinq années, les atteintes aux lieux de culte chrétiens sont en constante augmentation et une christianophobie rampante se répand en France. 
Peu portée sur le martyre, l’Eglise catholique commence pourtant à s’inquiéter. Les enfants de la fille aînée de l’Eglise seraient-ils menacés du fait de leur appartenance religieuse ? La République laïque détourne-t-elle le regard ? Pour sa protection ne doit-elle plus compter que sur la création d'associations telles que SOS Chrétiens, Catholiques en péril ou et un CRAN  alternatif (Catholiques de la République Anticléricale et Nihiliste) et sur des fondations, comme Agir contre la christianophobie ?

Les statistiques sont signifiantes. 
Bruyères-le-Châtel
Cambriolée, saccagée et profanée, 
mais simple statistique
Le 20 janvier, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, lâchait froidement une statistique préoccupante : les atteintes aux sites chrétiens (églises et sépultures) ont connu une hausse de 20% en un an

"Ce dimanche, les fidèles de l’église Saint-Didier de Bruyères-le-Châtel (ci-contre) n’ont pas pu assister à l’office. En effet, la messe a été annulée après la mise à sac de l’église. "C’est un vrai saccage. Un vitrail a été cassé. Le tabernacle a été retourné, le ciboire dérobé, la sacristie retournée", s’est indigné, dans les colonnes du Parisien, Mgr Dubost, l’évêque d’Evry, dont Manuel Valls fut le député-maire. 
Les fidèles rappellent que leur église a déjà été victime d’actes malveillants. "L’an passé, des graffitis avaient été tagués sur le panneau d’illustration" rappelle une habitante particulièrement choquée d’avoir vu "des hosties consacrées emportées". "Pour quelqu’un de non croyant, ça ne représente sans doute pas grand-chose. Pour nous, c’est le plus grave. C’est le corps du Christ. C’est Jésus qu’on attaque", souligne-t-elle."
Et l'augmentation du nombre des violations est exponentielle. De 275 dégradations ou vols en 2008, nous sommes passés à 807 l’an dernier. Elles représentent plus de 80% du total de ce type de délit, toutes religions confondues. Certes, le patrimoine chrétien est de loin de plus important dans l’Hexagone, avec 45.000 églises - contre 2.500 mosquées (malgré une implantation récente et du fait de son prosélytisme protégé par l'Etat-PS) et 500 synagogues (alors que les premières implantations de Juifs remonte au 1er siècle) dans le pays sans compter les lieux de culte protestants et orthodoxes, et donc plus exposé, mais la protection des biens et des personnes est-elle assurée dans ce pays de culture judéo-chrétienne livré à la laïcité inégalitaire ? 

Les attaques de personnes non recensées 

A la différence des actes islamophobes et antisémites, les agressions visant des croyants de confession chrétienne ne sont pas recensées. Il est donc impossible de les situer face aux 429 actes anti-musulmans et 808 actes antisémites de 2015, qui sont majoritairement des menaces, voire des violences sur des personnes. 

Un prosélytisme flagrant et des menaces physiques
A Lyon, près de Decines où se situe un centre culturel islamique de l'association Al Islah, une professeure-stagiaire a soutenu publiquement le terrorisme et menacé des élèves catholiques. Cette élève-professeure de l'Ecole supérieure du professorat et de l'éducation, ESPE créée par loi du 8 juillet 2013 (ex-IUFM) de Lyon a été interpellée après l'envoi de mails "faisant l'apologie du terrorisme" et menaçant des membres du personnel et des "élèves de religion catholique", rapporte la police.
La professeur-stagiaire âgée de 24 ans a été "identifiée par l'adresse IP d'un ordinateur, qu'elle utilisait à la bibliothèque des Sciences de l'Université de Lyon 1 Claude-Bernard (dont dépend l'ESPE) pour envoyer ses messages, a précisé dans un communiqué la direction de la sécurité publique du Rhône. Les mails ont été envoyés pendant près de cinq mois (entre le 23 septembre 2015 et le 5 janvier dernier) "à plusieurs membres" de l'Espé "faisant l’apologie du terrorisme et menaçant le personnel et les élèves de religion catholique".

L’Eglise catholique française n’a d’ailleurs jamais demandé que les attaques physiques sur les chrétiens soient recensées. Et contrairement au Service de protection de la communauté juive (SPCJ) ou de l'Observatoire national contre l'islamophobie au Conseil français du culte musulman (CFCM), la Conférence des évêques de France (CEF) ne s'est pas dotée d'instance, en lien avec le ministère de l'Intérieur, comptabilisant les plaintes et autres mains courantes.
Monseigneur Olivier Ribadeau Dumas, porte-parole de la CEF, justifie ce choix par le refus de l’Eglise de céder à la tentation victimaire : "Nous n'avons pas d'observatoire et ne sommes pas convaincus de l'intérêt d'en avoir un. Un cambriolage n'est pas une profanation", minimisent la CEF. Pour le prélat, ancien curé de la paroisse Notre-Dame des Foyers, nouvellement créée rue de Tanger dans le 19e arrondissement de Paris, face à la mosquée Adda’wa, association Cultuelle Islamique Mosquée Adda’wa (ACIMA), "le catholicisme ne se situe pas dans une attitude victimaire, ce n'est pas son ADN" ! Pourtant, le 26 juillet 2016, à Saint-Etienne-du-Rouvray, près de Rouen, deux terroristes se revendiquant du groupe État islamique ont assassiné un prêtre de 86 ans dans son église, alors même qu'il célébrait la messe.

La résistance s’organise 
Si la position officielle des institutions catholiques semble ne pas évoluer, les premiers signes d’une résistance commencent à se manifester parmi les fidèles face à l'inconscience de leur hiérarchie. L’Eglise appelle désormais ses diocèses et paroisses à porter plainte "systématiquement" en cas de dégradations. Elle souhaite des "condamnations publiques". Le Père Ribadeau Dumas se décide à la fermeté : "On ne laisse rien passer," assure-t-il. S'il a twitté "Nous partageons le désarroi des paroissiens de Venons dont l'église a brûlé et de Fontainebleau après la profanation de leur église" le 10 Janvier 2016, son tweet a été retiré... 
Le voici pour ceux et celles qui douteraient de sa détermination...
Certains diocèses commencent à réagir vigoureusement aux vols qui sont vécus comme des profanations. Notamment, ceux des ciboires, vases sacrés contenant les hosties consacrées qui représentent le corps du Christ. 
L’abbé blogueur, Pierre-Hervé Grosjean, qualifie ces actes de christianophobes : "Quand on touche au Saint-Sacrement, on touche à ce qui est le plus sacré pour un catholique". 

Plusieurs sites internet se mettent en vigilance dénonçant le silence qui entourerait la christianophobie dans l’Hexagone. Au risque d'être étiquetés "traditionalistes" ou "intégristes" et "ultra". C’est le cas de celui de Daniel Hamiche, rédacteur en chef de l’Observatoire de la christianophobie : "On est dans une espèce d'omerta. On peut comprendre que des responsables disent ne pas vouloir entrer dans une concurrence victimaire mais la question n'est pas là, elle est de donner des informations". Chaque mois, le site du "réactionnaire" Guillaume de Thieulloy, docteur en études politiques et directeur de publication de Nouvelles de France, portail qui se revendique libéral-conservateur, publie une synthèse des actes commis contre des lieux chrétiens. Il se positionne pour le candidat de la primaire de la droite et du centre, Jean-Frédéric Poisson. Paradoxalement, si "extrémiste" soit-il, son compte pour 2015 (272) est très inférieur à celui du ministère de l’Intérieur !

Les Chrétiens jugent l’Eglise trop faible
et pensent devoir défendre ses valeurs, observe le politologue du catholicisme, Yann Raison du Cleuziou, maître de conférences en Science politique à l'Université de Bordeaux, qui souligne que les traditionalistes s’estiment peu ou mal connus. La plupart du temps, ils se retrouvent malgré eux associés aux intégristes. Pourtant, les "tradis" ont choisi Rome et ne le regrettent pas. Ils sont attachés à la messe en latin, c’est leur seule différence. "Il y a dans cette stratégie [de la base catholique] un enjeu interne à la sphère catholique : il s'agit de mobiliser des troupes en se présentant comme une minorité à défendre tout en critiquant l'Eglise institutionnelle, agenouillée devant le monde et qui ne réagit pas quand Jésus est blasphémé". L’historien du christianisme contemporain Olivier Landron constate une réaction de repli chez certains chrétiens de France : "La présence en France d'un islam identitaire amène une partie des catholiques à retrouver des positionnements identitaires, notamment chez ceux qui, à tort ou à raison, ont le sentiment d'être devenus minoritaires dans une société très laïcisée".


Mais Cazeneuve se flatte en revanche de la baisse sensible des actes islamophobes depuis le début de l'année 2016

La République laïque a fait des choix
L'Observatoire national contre l'islamophobie révèle que les actes anti-musulmans ont fortement baissé depuis le début de l'année par rapport à la même période en 2015.  Sur le premier trimestre 2016, a ainsi été relevée une diminution de 82% de ces actes par rapport aux trois premiers mois de 2015. Avec 40 méfaits de ce genre observés depuis le début de l'année écoulée, le niveau global ainsi atteint se rapproche de celui enregistré en 2014 à la même période (37). Rappelons qu'il y a pratiquement un an, jour pour jour, on apprenait que les actes anti-musulmans du premier trimestre 2015 avaient été multipliés par six comparés à la même période de l'année précédente.
 
Or,  dans le même temps, elle en profite pour se victimiser en redoutant par avance  une nouvelle montée à l'approche des élections. L'hebdomadaire Le Point rapporte  que sur les 40 actes anti-musulmans recensés au premier trimestre 2016, 20 sont des actions (soit une baisse de 64,3% par rapport à 2015, où le chiffre de 56 avait été enregistré) et les 20 autres des menaces (-88% par rapport à l'année dernière, 166). 

Dans le communiqué, le président de l'Observatoire Abdallah Zekri ne se fait cependant pas d'illusions sur les chiffres appelés à être relevés pour les prochains mois, qu'il pressent en effet plus forts : "Nous sommes persuadés qu'à l'approche des futures élections et vu le climat politique actuel avec les déclarations de certaines personnalités politiques, insinue-t-il a priori, qu'il est fort à parier que la situation risque de se dégrader et on assistera à une montée des actes anti-musulmans". 

L'année dernière, un délégué de la Grande mosquée de Paris avait déclaré que les attentats de janvier commis contre Charlie Hebdo et l'Hyper Casher de la port de Vincennes ne pouvaient "en aucun cas justifier ce sommet de haine ou de vengeance à l'égard des Français de confession musulmane qui ne sont ni responsables ni coupables des actes terroristes", œuvres d'"islamistes criminels".
Si la christianophobie est en hausse inversement proportionnelle de l'islamophobie en France, c'est que les musulmans en France sont les plus menacés ? Et si les jérémiades finissent par impacter les laïcs, pourquoi ne pas se plaindre, en effet ?

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