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vendredi 17 novembre 2017

LR : les petits candidats s'acharnent sur Wauquiez, avec la complicité des media

Les courants opposés à Wauquiez ont désigné des candidats inconnus, sans expérience, ni envergure

Calan et Portelli ne valent pas un clou selon leurs propres soutiens

Calan, un jeune vieux sorti de nulle part

Sans aucune notoriété, Maël de Calan, 36 ans, a ses parrainages, au moins 2.347 adhérents et de treize parlementaires, et sera candidat à la présidence de Les Républicains, par la grâce de son parrain, Alain Juppé. Dans un entretien avec Les Échos (groupe LVMH de Bernard Arnault), il avait fait l'annonce officielle d'"un peu plus d'une vingtaine" de signatures de parlementaires... 

Contre Wauquiez, ancien ministre et président de région Auvergne-Rhône-Alpes, Calan va au casse-pipe. Dirigeant du développement d'une start-up de biotechnologie à Roscoff, où se situe le château familial (à Sibiril, commune du Haut-Léon), il est le fils de Dominique de La Lande de Calan qui est connu pour avoir été le numéro 2 de l'UIMM, la plus importante branche du MEDEF, dont il dut démissionner en 2008 suite à une condamnation dans l'affaire des 16 millions d'euros retirés en liquide.
En 2012, durant la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, il travaillait alors dans le groupe d'experts chargés des notes économiques en 2012. Mais ce conseiller municipal de Roscoff et aussi conseiller départemental du Finistère mise sur Juppé à la primaire de 2016: il est membre de l'équipe dédiée à l'élaboration du projet présidentiel du maire de Bordeaux. "Réfléchir, produire des idées, des propositions, c'est mon ADN", déclare-t-il modestement. 
En septembre 2017, Alain Juppé le signala comme une valeur montante: "Maël de Calan incarne bien le type de profil qu'il faut encourager", avait-il dit à Sud Ouest. Aujourd'hui, le septuagénaire doit rester en retrait, mais n'hésite pas à intervenir et Maël de Calan à se situer dans sa lignée, revendiquant une "filiation juppéiste très prononcée".
Sa candidature est toutefois loin de faire l'unanimité. "Personne ne trouve ça bien qu'il y aille, à part lui et ses quatre copains", tacle un élu constructif.
Autre ambiguïté, Calan souhaite se laisser porter par la vague macronienne. "Je suis Macron-compatible", répétait-il dans sa circonscription. Il s'en expliquait à "l'Obs" :"Je suis de droite, mais d'une droite modérée qui adhère à plusieurs propositions que porte Macron, notamment en matière économique. Je voterai les mesures qui iront dans le bon sens."
Un positionnement cohérent avec ses ambitions. Lors du congrès de l'UMP, en 2012, il déposa avec quelques autres une motion, la Boîte à idées, qui obtenait les parrainages d'Edouard Philippe, Bruno Le Maire ou Thierry Solère, désormais ministres d'Emmanuel Macron ou députés "constructifs". Assez pour l'exclure.
Il n'a certes pas suivi les Constructifs, mais il s'oppose à leur exclusion et appelle à l'inverse à "tout faire pour qu'ils reviennent et réunifier la grande maison". Ce n'est pas un sous-marin de Macron, mais une corvette.

Il n'a pas d'autre fonction que de nuire à Wauquiez.
Le candidat se défend de vouloir participer à un "tout sauf Wauquiez". Pourtant, s'il n'est "candidat contre personne", il déclara sans ambiguïté, mardi matin 5 septembre sur France 2 :"Il y a clairement deux lignes différentes incarnées dans ce congrès: une ligne très clivante sur la forme et très dure sur le fond, qui est portée par Laurent, et une ligne plus crédible sur la forme et plus ouverte sur le fond, qui est la ligne historique de la droite française qui, à mon sens, est majoritaire dans notre électorat et qui est la seule à pouvoir nous faire gagner les futures échéances électorales", a-t-il affirmé.
Pour se donner une assise, Maël de Calan prétend appuyer sa candidature sur "un collectif de nouveaux visages d'élus", une génération nouvelle qui a émergé à la faveur des victoires de la droite aux municipales de 2014, mais dont les composantes restent à identifier. Il s'agit, explique-t-il, "d'élus qui ont fait des choix différents à la primaire, qui incarnent toutes les sensibilités du parti mais qui se réunissent sur deux messages essentiels : d'abord la volonté de faire de la politique très différemment, de manière plus fraîche, en se débarrassant du cynisme, du sectarisme, de la mauvaise foi, et ensuite en portant sur le fond les couleurs d'une droite ouverte et équilibrée". S'il a des proches, ce sont plutôt des suiveurs du septuagénaire. On pense ainsi à l'ex-maire de la ville de Boulogne-Billancourt et proche de Thierry Solère, Pierre-Mathieu Duhamel, 61 ans, auprès duquel il participait aux travaux de l'Institut Montaigne, un think-tank libéral, rapporte le quotidien "La Croix".
Le candidat se définit comme un "chrétien engagé en politique", un libéral et un "conservateur prudent sur les questions sociétales, sans en faire l'alpha et l'oméga d'un engagement politique".

Florence Portelli, autre figurante
Florence Portelli, maire LR, est candidate à la présidence du parti.
A 39 ans et connue des seuls initiés, elle brigue néanmoins le plus haut poste des Républicains, face à Laurent Wauquiez, grand favori. Maire de Taverny (Val d'Oise), porte-parole de François Fillon lors de la campagne présidentielle, Florence Portelli pose sa candidature "pour que la droite recouvre sa fierté" : "Je veux redonner aux militants la place qui devrait être la leur dans ce parti", explique-t-elle. Un projet qui passe par "une refondation, un fonctionnement démocratisé, un changement radical de statuts et la clarification de la ligne idéologique du parti", selon elle. 
Détentrice d'une maîtrise de droit public et d'un diplôme de l'institut de criminologie, Florence Portelli est la fille de Hugues Portelli, sénateur du Val d'Oise et maire d'Ermont. Très tôt, elle est sensibilisée à la politique : "A l’époque, mon père n’était pas enclin du tout à avoir un mandat, mais c’était un intellectuel qui fréquentait les politiques pour leur proposer des idées", expliquait-elle à La Gazette du Val d'Oise en 2014, au lendemain de son élection de maire. C'est sa fascination pour Philippe Séguin qui la pousse à franchir le pas : "Quand j’ai eu l’âge légal, je suis entrée au RPR, pour le mouvement séguiniste, le gaullisme social, c’est à dire l’aile gauche."
Soutien de François Fillon en 2012 lors de la campagne pour la présidence de l'UMP, elle est rapidement repérée par l'ancien premier ministre. Elle lui demande alors d'appuyer sa candidature à l'élection municipale de Taverny en 2014 : "Cela a boosté ma candidature, je voulais être crédible", explique-t-elle dans les colonnes de l'hebdomadaire. Après avoir pris la mairie de Taverny à un DVG en 2014, elle accède au Conseil régionale d'Ile-de-France en 2015, elle accède à la fonction de porte-parole de François Fillon lors de la campagne à l'élection présidentielle de 2017. 
Florence Portelli évoque ses passions culturelles, du cinéma italien à la littérature française, en passant par la musique classique, la pop ou encore sa pratique du piano depuis l'âge de 6 ans. "Je suis allée voir Sarkozy et lui ai dit 'la culture, c’est n’importe quoi dans ce parti'". Car Florence Portelli n'a pas peur de dire les choses, comme elle l'a prouvé en s'attaquant aux Constructifs, groupe parlementaire constitué par une poignée de Républicains, essentiellement juppéistes revanchards.
Dans Le Figaro, elle estime que LR s'est divisé en "deux catégories: ceux qui sont déjà partis chez Macron et ceux qui, de bonne foi, ont cru que c'était un moyen de réformer la droite. Ils se sont trompés et je les invite à revenir au bercail". Et d'insister: "Les autres, qui ont rejoint le gouvernement ou soutenu En Marche ! se sont exclus d'eux-mêmes. Ils ne sont plus dans notre parti politique." Une franchise qui l'aidera à s'imposer ? Réponse les 10 et 17 décembre, dates de l'élection à la présidence des Républicains.

Laurent Wauquiez porte "la flamme" contre Emmanuel Macron, alias Dark Vador

Laurent Wauquiez aime filer la métaphore galactique, évoquant Luke Skywalker. Dans Le Parisien Week-end, le favori dans la course à la présidence des Républicains (LR) compare Emmanuel Macron à Dark Vador et les membres de son parti aux gentils Rebelles de la résistance dans Star Wars.
Il y a un très méchant Dark Vador qui essaie d'étouffer tout espoir dans la galaxie. Mais une flamme renaît qui va permettre de battre le méchant empire En Marche. Et cette flamme, c'est celle que je porte", déclare le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes. "On voit très bien qu'il y a une volonté assez hégémonique d'En Marche d'étendre une espèce d'Empire galactique sur la totalité de la politique française. Eh bien, il y a un petit noyau de rebelles qui portent la voix de l'opposition".
En juin, il confiait déjà au Figaro : "On part de rien, tout semble mort, mais toute forme d'espoir n'est pas perdue. Quelque part, au fond de la galaxie, survit un petit camp irréductible!" D'autres lui retourne la comparaison mais en l'inversant : "Comme Dark Vador, il est passé du côté obscur. Et Patrick Buisson est son sabre laser", aurait récemment lancé dans Le Parisien un ancien élu juppéiste qui préfère cacher son identité du côté de la force obscure.

Wauquiez a déjà été président des Républicains, assurant l'intérim d'août à novembre 2016. Le 19 juin 2007, à 32 ans, il est nommé secrétaire d'État auprès du Premier ministre et porte-parole du gouvernement dans le second gouvernement Fillon, en remplacement de Christine Albanel, avec l'intention revendiquée de moderniser la communication gouvernementale et de "rester un citoyen comme les autres". Lors des élections municipales de 2008, il prend la ville du Puy-en-Velay à la gauche.
Le 18 mars 2008, il est nommé secrétaire d'État chargé de l'Emploi auprès de Christine Lagarde, ministre de l'Économie, de l'Industrie et de l'Emploi. Ses premiers chantiers sont alors la réforme de l'assurance chômage, le nouveau service public de l'emploi, le plan pour l'emploi des seniors et la réforme de la formation professionnelle.
En 2010, Laurent Wauquiez lance 'La Droite sociale', un club de réflexion qui rassemble une cinquantaine de parlementaires et qui a pour double ambition de faire entendre la sensibilité sociale au sein de la droite et de remettre les classes moyennes au centre des politiques publiques.
Le 14 novembre 2010, il devient ministre auprès de la ministre d'État, ministre des Affaires étrangères et européennes, Michèle Alliot-Marie, chargé des Affaires européennes, dans le cadre de la formation du gouvernement Fillon III, ainsi que le nouveau benjamin du gouvernement.
En juin 2011, il est nommé ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, succédant à Valérie Pécresse.
En décembre 2015, il est élu président de la région Auvergne-Rhône-Alpes contre la liste de gauche menée par le président socialiste sortant, (pendant près de 12 ans), Jean-Jack Queyranne, ancien ministre de Jospin.

L'élection à la présidence des Républicains est prévue le 10 décembre, avec un second tour éventuel le 17 décembre. Trois candidats sont en lice,  Florence Portelli, Maël de Calan et Laurent Wauquiez

Problème Castaner: Macron ne renouvelle rien dans les moeurs politiques

La démocratie est en danger quand le président ne respecte pas la séparation des pouvoirs

Macron est près à contredire sa propre loi de moralisation ?

Le Conseil constitutionnel devra se prononcer si Macron garde Castaner au gouvernement.
Sept Français sur 10 veulent que Christophe Castaner, actuel porte-parole du gouvernement - acteur du pouvoir exécutif - quitte l'Elysée s'il est élu
 nommé patron de la majorité parlementaire à l'Assemblée - membre du pouvoir législatif - comme  délégué général de La République en marche, selon un sondage Elabe réalisé par BFMTV.

Certes, la Constitution de la Ve République parle des pouvoirs du président de la République ou du Gouvernement (titres II et III), et non pas du "pouvoir exécutif", des pouvoirs du Parlement (titre IV), et non pas du "pouvoir législatif", ainsi que de l'autorité judiciaire (titre VIII) et non du "pouvoir judiciaire". Or, si Castaner justifie son ambition de cumul par son incarnation du parti du président du fait d' "une voix forte" et d'un "ADN" commun, le Bas-Alpin ne parvient pas à légitimer son maintien au gouvernement autrement que par la volonté du prince.

Castaner a donc décidé de cumuler les responsabilités en restant secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, alors qu'il va être forcément désigné délégué général de La République en marche, samedi, puisqu'il est le "candidat unique". 
Aucun appel d'offres n'a été lancé pour la présidence du parti présidentiel. Tout aussi alarmant : LREM ne dispose d'aucun démocrate qui puisse poser sa candidature alternative, et il ne s'est trouvé aucun élu de la "société civile" qui aurait eu un soupçon de connaissance des principes démocratiques pour appeler au respect des institutions tous-toutes des godillots, mais républicains  vigilants et exemplaires...

L'intention de Castaner est anti-démocratique et ses justifications sont à mourir de rire.
"A mon âge, je ne suis ni retraité, ni riche à tel point de pouvoir arrêter toute activité. Je ne suis pas rémunéré pour ce nouveau métier, je suis juste un animateur", un facilitateur, explique-t-il au micro de BFMTV. Ainsi, dans la république du banquier Macron, l'argent prévaut-il sur le respect  de la démocratie.
Et le pauvre chéri d'ajouter que le trajet de Paris à Forcalquié lui pèse: 10 heures... Peuchère !

La "nouvelle politique" de Macron, c'est la politique à l'ancienne de Chirac ou Bayrou


Christophe Castaner devait prendre "des décisions claires", estime la députée Barbara Pompili vendredi à propos du cumulard, ironisant sur un responsable "capable de faire des journées de 48 heures".
Pour la très flexible ex-élue EELV qui a rallié Emmanuel Macron, LREM est "un parti qui a besoin qu'on prenne le temps de le structurer, de quelqu'un qui s'en occupe à plein temps". Or, elle est libre à plein-temps...
"Je fais confiance à Christophe Castaner pour qu'il prenne les bonnes décisions dans le sens de l'intérêt général". "S'il se sent capable de faire des journées de 48 heures, tant mieux. Maintenant je pense qu'il serait très fort".

Mercredi 15, le candidat unique a fait savoir qu'il quittera le poste de porte-parole du gouvernement, mais restera secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement, ce qui suscite des critiques dans l'opposition de gauche, au PS, comme de droite, mais aussi à LREM dont une membre de la direction provisoire, Astrid Panosyan, a jugé qu'un tel cumul "pose problème".
LREM, "c'est un mouvement qui a été construit par Emmanuel Macron pour l'installer à la présidence de la République. Aujourd'hui, il faut restructurer ce mouvement qui ne fonctionne pas, il faut bien le dire, qui fonctionne mal", a également déclarée la députée de la Somme, présidente de la Commission du développement durable au Palais-Bourbon.

Christophe Barbier : "Il ne faut pas que Castaner reste au gouvernement"

Seul le journaliste Christophe Barbier évoque le respect des institutions de la République:
"Toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution".

Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (1789), Article 16

jeudi 16 novembre 2017

Castaner doit quitter le gouvernement s'il est nommé à la tête de LREM

Pour 7 Français sur 10, Castaner ne peut avoir un pied dans l'exécutif et l'autre dans le législatif

Macron passera-t-il outre le principe de séparation des pouvoirs ?

Christophe Castaner ne peut cumuler les fonctions de direction de LREM et de secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement, estime une large majorité de sondés.
Près de trois Français sur 4 estiment que Christophe Castaner doit quitter ses fonctions s'il est élu samedi délégué général de La République en marche, selon un sondage Elabe réalisé par BFMTV, paru mercredi 15 novembre.

La séparation des pouvoirs n'est pas négociable chez les démocrates

Cette opinion est la plus partagée parmi chez les ouvriers (81%), mais moins affirmée dans la catégorie des 18-24 ans (56%), lesquels ont une culture démocratique peu affirmée

Même avis chez 59% des électeurs d'Emmanuel Macron au premier tour de l'élection présidentielle.

Seulement 29% des Français sondés considèrent qu'il peut rester au gouvernement, dont 41% qui ont voté Emmanuel Macron au premier tour de l'élection présidentielle.

LREM, "renouvelle" la manière de faire de la politique
Bien qu'apparemment inclassable sur l'échiquier politique traditionnel, six Français sur dix considèrent LREM comme "un parti comme les autres".
Les personnes âgées de plus de 65 ans jugent à une courte majorité que "le parti renouvelle la manière de faire de la politique" (54%), suivies des 18-24 ans (45%). Mais ce 'renouvellement' est un constat, non un jugement de valeur.

Résultat de recherche d'images pour "marrons"Concernant le positionnement de LREM, pour 35% des sondés, le parti ne se situe "ni à gauche, ni à droite, ni au centre". La question se pose donc de savoir si LREM est une auberge espagnole...
"Cette perception varie fortement selon le vote au 1er tour de l'élection présidentielle", souligne Elabe. "Seules les personnes se considérant à gauche sont majoritaires à positionner le parti présidentiel sur un autre bord politique que le leur".
29% le placent à droite, 12% à gauche.

Le sondage relève également des différences liées aux catégories socioprofessionnelles: les "supérieures le positionnent à droite (36%), les catégories populaires considèrent majoritairement (44%) qu'il n'est 'ni à gauche, ni à droite, ni au centre'". Un hybride !

Enfin, si les 18-24 ans et plus de 65 ans sont "très partagés" sur le positionnement  de LREM sur l'échiquier politique, pour la majorité des 25-64 ans, LREM n'est "ni à gauche, ni à droite, ni au centre"
Ce parti est-il une entité ? Il est d'ailleurs reproché à ses élus d'être peu en prise avec leurs électeurs.

Le "terroriste" franco-palestinien Salah Hamouri fait quitter l'Assemblée à LFI

Obono donne le signal de sortie

Les élus LFI et communistes ont quitté l'Assemblée lorsque le député Habib a évoqué le "terroriste" franco-palestinien Salah Hamouri

La France Insoumise quitte l'Assemblée lorsque le député Habib parle du "terroriste" franco-palestinien Salah Hamouri
L'enjeu n'était pas social: la colère de l'extrême gauche est fondée sur son engagement pro-palestinien. 

Ces députés des Insoumis et communistes ont quitté l'hémicycle de l'Assemblée en pleine séance, ce mercredi 15 novembre, pendant la question au gouvernement du député UDI franco-israélien Meyer Habib, né à Paris d’une famille d’origine italo-tunisienne, au sujet des Palestiniens Salah Hamouri et Marwan Barghouti. 

Ils entendaient protester contre des propos jugés virulents

"Quand
le Quai d'Orsay a déclaré espérer la libération de Salah Hamouri, j'ai eu honte. Salah Hamouri est un terroriste, pas un prisonnier politique", a estimé Meyer Habib, alors que les Insoumis commençaient à quitter leurs bancs, au signal de Danièle Obono.

Qui est 
Salah Hamouri ?
 
Avocat franco-palestinien de 32 ans, il a été inculpé en 2005 sous la double accusation d'un projet de tuer le rabbin Ovadia Yosef et d’appartenance au Front populaire de libération de la Palestine, FPLP, une organisation marxiste-léniniste palestinienne, placée sur la liste officielle des organisations terroristes du Canada, des États-Unis, d'Israël, de l'Australie et de l'Union européenne, qui combine nationalisme arabe et marxisme, fondée en 1967 par Georges Habache qui détourna un avion à Orly en 1978, mais soigné en France, en 1992, pendant les années Mitterrand-Fabius, quand il fut victime d'un AVC, et Ahmed Jibril, à la tête d'un groupe preneur d'otages de militaires israéliens pendant la guerre du Liban.
Résultat de recherche d'images pour "salah hamouri"
Il a épousé Elsa Lefort, fille de l’activiste antisémite et communiste Jean-Claude Lefort (un des leaders de l’organisation illégale BDS (Boycott, désinvestissement et sanctions, campagne internationale appelant à exercer diverses pressions économiques, académiques, culturelles et politiques sur Israël) et président de la très agressive Association France Palestine Solidarité, qui milite pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah, chef de la Fraction armée révolutionnaire libanaise (FARL), condamné à la prison à perpétuité pour complicité d'assassinat terroriste et détenu en France depuis 1984.

Qui est Marwan Barghouti ? 
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Chef de groupe armé palestinien âgé de 58 ans, il fut l'un des principaux meneurs de la première Intifada en 1987. Son activisme dans la seconde Intifada en 2000 fait de lui l'un des Palestiniens les plus recherchés par les forces de sécurité israéliennes. Arrêté en 2002, puis condamné par une cour civile israélienne à cinq peines de prison à perpétuité pour le meurtre de cinq personnes et pour soutien au terrorisme.
Résultat de recherche d'images pour "mairie Stains Azzedine Taibi  banderole libération de Marwan Barghouti"Un réseau de villes et collectivités françaises milite pour la libération de Marouane Barghouti : Stains (PCF, son maire Azzedine Taïbi, ci-dessus, photo 1, a fait placarder une affiche de soutien au fronton de la mairie, photo 2), Ivry-sur-Seine (PCF), Valenton (PCF) Gennevilliers (PCF), La Courneuve (PCF), Pierrefitte-sur-Seine (PS), La Verrière (PCF), Vitry-sur-Seine (PCF).

Les Républicains: Juppé, facteur de divisions

Le "oui, mais" d'Alain Juppé est un chantage contre la candidature de Laurent Wauquiez 

Le maire de Bordeaux a assuré qu'il est "toujours à LR, 
sous réserve que les orientations" de Wauquiez lui conviennent...

Dès octobre dernier, le battu de la primaire de la droite et du centre s'en prend ainsi au grand favori pour la présidence du parti. La mise en garde d'Alain Juppé, retourné à sa LR  mairie de Bordeaux, sert-elle son parti ou sa volonté de revanche ? A la rentrée, dans Le Figaro, l'amer a marchandé son maintien aux Républicains sous condition que les orientations du candidat Wauquiez soient à sa convenance. 

Et de louer le pouvoir du vainqueur. "Je sens avec le président actuel et le gouvernement beaucoup de points de convergence", a lâché Juppé, alors que Matignon est occupé par l'un de ses proches, Edouard Philippe. "Sur l'éducation, sur l'Europe, je souscris intégralement" à la politique d'Emmanuel Macron, a-t-il insisté. En revanche, il affirme s'en différencier sur ce qui fait polémique..."comme la réforme du logement ou l'orientation fiscale. C'est pour cela que je ne suis pas à En Marche! mais toujours à LR, sous réserve que les orientations du président (sic) Wauquiez me conviennent", a-t-il ajouté. 
Il clarifierait la situation en changeant de trottoir, mais le septuagénaire semble craindre l'étouffoir LREM et préférer jouer les vieux sage, au risque d'être écouté d'une oreille distraite. 

Lâché, il assure : "Virginie a été avec moi d'une fidélité totale" 

Résultat de recherche d'images pour "Juppé Calmels Wauquiez"L'ex-premier ministre des années 90 évoquait le départ de Virginie Calmels. Après avoir soutenu sa candidature lors de la primaire pour la présidentielle, sa première adjointe à la mairie fait actuellement campagne avec Laurent Wauquiez pour la présidence de LR. Si ce dernier devient, comme c'est très probable, président des Républicains en décembre, Mme Calmels deviendra la numéro 2 du parti. 

Son ralliement au vice-président de LR a fait l'effet d'un coup de tonnerre dans les rangs juppéistes. "Virginie a été avec moi d'une fidélité totale", assure Juppé. "Si je n'avais pas à lui donner la permission (de rejoindre Wauquiez), je lui ai donné mon avis. Je n'avais pas d'objection tant que certaines lignes rouges n'étaient pas franchies. Elle m'a dit qu'elle sera vigilante", assure-t-il. 

Résultat de recherche d'images pour "Juppé Calmels Wauquiez"
Juppé reconnaît également que Mme Calmels l'avait mis justement en garde lors de la campagne de la primaire de la droite. "Virginie avait une vraie capacité d'anticipation et m'avait prévenu qu' 'Ali Juppé' était sous-estimé dans la campagne", ajoute-t-il, en allusion au surnom qui lui avait été alors donné pour le faire connaître pour ce qu'il est. "Ca me paraissait tellement loufoque, qu'il y avait entre nous une divergence d'appréciation. Peut être que j'aurais dû être plus vigilant pour rectifier le tir sur l'identité heureuse", regrette-t-il, déplorant également d'avoir été "caricaturé par (s)es concurrents".

Juppé ressasse donc bien de vieilles rancoeurs et veut régler des comptes personnels.

mercredi 15 novembre 2017

Terroristes et chroniqueurs "déséquilibrés" ont la cote auprès des media

Jérémy Ferrari conseille à Christine Angot de se faire aider

Il prescrit un tranquillisant
 à la chroniqueuse de Ruquier sur France 2

Aux grands maux, les grands remèdes. 
Les terroristes s'exposent à l'enfermement en hôpital psychiatrique, mais l'humoriste y est allé doucement quand il s'est fait agresser par la chroniqueuse sur le plateau de l'émission de Laurent Ruquier.

La chroniqueuse était remontée comme un ressort et a vite poussé des cris stridents samedi 30 septembre 2017 sur le plateau d' "On n'est pas couché", émission de politique spectacle qui s'apparente au stand de tir des fêtes foraines. Invité de la chaîne de service public,  pour faire la promotion de son livre "Happy Hour à Mossoul", Jérémy Ferrari s'est fait écharper par Christine Angot, harpie connue pour ses désordres mentaux et son activité sexuelle très marginale. 
Bille en tête et sans préliminaires, la polémiste a prévenu le comédien qu'elle est a priori "complètement imperméable" à son humour, lui reprochant notamment de s'en prendre à des cibles faciles comme Bernard-Henri Lévy.

"Vous n'allez pas encore vous énerver, je n'ai rien fait !
Je ne fais que faire des vannes", explique Jérémy Ferrari, alors que Christine Angot le prend à parti, dans une tentative pour raisonner la locataire des lieux.
"Je ne suis pas énervée, je ne vous trouve pas drôle", lui répond alors la chroniqueuse. 
"Ça, on avait compris", réplique l'humoriste, devant un public hilare: il est venu pour s'éclater jusqu'à la mise à mort hebdomadaire. 

Voyant l'échange tourner en faveur de Jérémy Ferrari, Chris­tine Angot ne lâche pas sa proie, puisque le taulier laisse aller: "C'est pratique l'humour. Je ne suis pas sur votre terrain; vous voulez qu'on se mettent sur mon terrain ?", le défie l'hôtesse. Visiblement amusé, l'humo­riste se met une nouvelle fois le public de son côté : "Ben, on y est là, c'est chiant !".

"Prenez un Xanax !"

La maîtresse SM s'enferre et interroge Jérémy Ferrari sur les Unes de 'Charlie Hebdo" qui seraient sa "seule limite" en matière d'humour. "C'est bizarre que les Unes de "Charlie Hebdo" soit votre seule limite, comme cela par hasard", soupçonne ainsi l'écrivaine.
Mais l'humoriste, qui est décidément fort peu soumis, d'avouer en milieu pourtant hostile : "Charlie Hebdo, je n'ai jamais trouvé ça très drôle, ni avant les attaques, ni après".

VOIR et ENTENDRE un précédent affrontement de Christine Angot (30 septembre 2017- face à Sandrine Rousseau (EELV), victime d'agression sexuelle par son camarade Denis Baupin, époux d'Emmanuelle Cosse - sur la chaîne de service public  :

Le "politiquement incorrect" hérisse la mère Fouettarde
"Je ne trouve pas que toutes les Unes de "Charlie Hebdo" soient drôles", tacle l'humoriste, avant de souligner que "de toutes façons", Christine Angot "ne trouve rien drôle". 
"Rassurez-vous, ce n'est pas parce qu'on ne vous trouve pas drôle qu'on ne trouve rien drôle", riposte encore la diablesse, très agitée. 
"Ce n'est pas ce que j'ai dit ! Prenez un Xanax", conclut Jérémy Ferrari.


VOIR et ENTENDRE le parti-pris de Léa Salamé, prédécesseur d'Angot dans le fauteuil de chroniqueuse d'ONPC et représentante du système, faisant au passage la confidence du viol de la malheureuse par inceste du père, alors qu'elle ne l'évoque pas elle-même, se livrant, dans un souci de solidarité confraternelle (prix France Culture en 2005), à un amalgame avec l'agression sexuelle commise par l'élu écologiste Denis Baupin, époux d'Emmanuelle Cosse, sur Sandrine Rousseau, également EELV, entre adultes : "Christine Angot n'est que colère, indignation et souffrance:

VOIR et ENTENDRE une autre présentation de la confrontation Angot-Rousseau:



"Est-ce qu'une roman­cière parmi les plus médiocres de ces dernières années fera une bonne critique ?", avait interrogé Eric Naul­leau, suite à l'offi­cia­li­sa­tion de Chris­tine Angot, remplaçante de Vanessa Burg­graf chez Ruquier.

Le terrorisme, qu'il soit islamiste ou intellectuel, se traite en milieu psychiatrique fermé
 
Le pouvoir -et donc les media à sa solde- n'osent pas "nommer l'ennemi" intérieur : il est satirique, parlant des anarchistes du Canard enchaîné, ou radical, s'agissant du site trotskiste révolutionnaire Mediapart, et tous tentent ainsi d'anesthésier l'opinion face au risque de subversion en présentant les terroristes comme des "déséquilibrés" ordinaires. Certes, un meurtrier est a priori déstabilisé, au moins momentanément, mais est-il irresponsable?
Les accusations assassines vont bon train dans le milieu mediatico-politique. Mediapart a ainsi accusé Charlie Hebdo et une frange de la classe politique, une gauche égarée, "une gauche qui ne sait plus où elle est, alliée à une droite, voire une extrême droite identitaire, trouvent n'importe quel prétexte, n'importe quelle calomnie, pour en revenir à leur obsession, faire "la guerre aux musulmans" de France. En réponse, Valls souligne que Plenel utilise "les mêmes mots que Daech", dénonçant  sa "complaisance" et sa "complicité intellectuelle" avec le terrorisme et d'avoir lancé "un appel au meurtre". Invectives de déséquilibrés  qui ne font pas avancer le débat sur la menace djihadiste et l'islamo-fascisme en FranceDe quoi irriter l’ancien magistrat chargé de la lutte antiterroriste et ancien député LR Alain Marsaud qui, le vendredi 18 août à 20h25, a décidé de dire aux journalistes de BFM TV, qui l’avaient invité sur leur plateau pour parler des attentats de Catalogne, leurs quatre vérités :"Je peux vous assurer que si on a peur de nommer l’ennemi, on ne risque pas de gagner cette guerre. Et que ce soit les journalistes dans ce pays comme nos responsables politiques, pas un seul en deux jours n’a dit qu’on était en présence d’attentats islamistes. Mais on a peur de quoi, bon sang ?"Déni de l'islamo-fascisme; déni des agressions sexuelles. 
Le déni du terrorisme en France véhiculé par la presse alignée :

MJS: il y a loin du discours à la braguette

"Nous sommes des militants féministes", clamait l'ex-président du MJS
Ce défenseur vertueux de la cause des femmes est aujourd'hui accusé d'agressions et harcèlement sexuels
Huit femmes accusent Thierry Marchal-Beck, ancien président du Mouvement des jeunes socialistes (MJS) de harcèlement et agressions sexuelles. Dans ses discours, il ne manquait pourtant pas de rappeler qu'il était "féministe".

Le journal Libération a recueilli le témoignage de huit femmes l'accusant de harcèlement et d'agressions sexuelles entre 2010 à 2014, parfois en public, et "beaucoup de cadres connaissaient son comportement," selon le quotidien socialiste.
Si, selon le quotidien, des "rumeurs" existaient sur les agissements de Thierry Marchal-Beck dès 2012, il n’y avait rien de "tangible" et "précis", maintient Benoit Hamon qui doit beaucoup au militantisme du MJS. Ce dernier, qui a toujours été proche du MJS, a d’ailleurs intégré Marchal-Beck dans son équipe de campagne en 2017

Malgré ses comportements "déplacés", selon LCI, et condamnables, le  responsable socialiste n'hésitait pas à défendre la cause des femmes, sur les podiums. Comme le rappellent Libération et LeLab d'Europe1, plusieurs des discours de Thierry Marchal-Beck loue le féminisme, car "l'égalité est au coeur du combat socialiste", assurait-il souvent, attribuant l'exclusivité de sa défense aux socialistes. En 2011, lors d'un discours à Strasbourg, il déclarait ainsi : "Etre jeune socialiste, c’est être un militant de l’égalité et de l’universalité des droits et c’est pour cela que nous sommes des militants féministes."

Ses camarades ont tout-à-coup beaucoup à dire

L'apparatchik Laurianne Deniaud, conseillère de François Hollande pendant l'élection présidentielle et chef de cabinet de François Lamy jusqu'en novembre 2013 et première adjointe de la ville de Saint-Nazaire (elle était suppléante de celui qui devint président du conseil général de Loire-Atlantique), se réveille, comme si cette proche de Benoît Hamon n'avait jamais été témoin de rien, bien qu'elle ait cotoyé le harceleur  comme présidente du MJS. Peut-être même a-t-elle favorisé son ascension:

Depuis décembre 2015 président du MJS, Benjamin Lucas, en fait des tonnes.

Mais,
quand Laura Slimani, présidente des Jeunes socialistes européens, qui a rejoint en octobre 2012 l'équipe des permanents du MJS autour du président du mouvement Thierry Marchal-Beck, se bouge, ça remonte à octobre 2017 et ça donne ça : 

Cet espoir du PS avait partagé sa vision de la France de ses rêves en 2025, lors de son dernier discours de président du MJS en 2013 à l’université d’été du PS. "La plus grande révolution de la France de 2025, c’est que la nation est devenue un symbole de l’égalité femmes-hommes à travers le monde. Notre service public de la petite enfance est à faire pâlir ceux d’Europe du Nord et on ne compte plus les crèches, les bâtiments publics s’appelant Olympe de Gouges, Suzanne Lacore, Yvette Roudy, Simone Veil, Najat Vallaud-Belkacem. En 2025, l’égalité salariale est la norme. La question de la répartition des tâches ménagères est devenu un sujet politique déclenchant une prise de conscience considérable. Les violences faites aux femmes reculent même si elles demeurent un fléau."
La secrétaire nationale du PS en charge des droits des femmes, Rita Maalouf, a demandé mardi soir que Thierry Marchal-Beck soit exclu du parti. Elle souhaite qu'à l'avenir, "le harcèlement soit un motif d'exclusion".

La présidence Marchal-Beck, des années d’omerta et de duplicité

Résultat de recherche d'images pour "laurianne deniaud beck"Laure Bretton est sortie de son amnésie le 14 novembre 2017.
"En pointe dans les combats féministes, le mouvement a pourtant occulté, sinon couvert, les agissements de son ancien président, dénonce Libération, après quatre ans. Symbole d’un système où la parole des femmes était (auto)censurée pour «ne pas nuire à l’orga».

Personne n’a été surpris. Samedi 21 octobre, Mathilde M., dirigeante nationale du MJS sur le départ, lâche une petite bombe dans son discours d’adieu. Au sous-sol de La Maison, un bar parisien, une centaine d’amis et de militants l’écoutent retracer ses dix ans au service de la cause socialiste. En plein scandale Weinstein, elle transforme son allocution en plaidoyer pour la parole libérée et réclame des comptes à son organisation. 
Résultat de recherche d'images pour "Socialiste parce que féministe"Pour Mathilde M., il est «de notoriété quasi publique [qu’un] ancien président est un agresseur multirécidiviste». Lisant clair entre les lignes, la petite assemblée applaudit. Lourde, la charge est surtout limpide. Elle vise Thierry Marchal-Beck, qui a présidé le MJS de 2011 à 2013. A LIRE AUSSI Harcèlement sexuel au MJS : «J’ai dû le masturber pour m’en débarrasser» "Il disait : "Comme tu as dit oui une fois, tu ne peux plus dire non maintenant."" 'Faire battre le coeur', mais pas que...

Jusqu’à ces mots, personne n’avait publiquement accusé l’ancien patron du MJS d’agression sexuelle. Certaines victimes, avec le soutien de camarades bienveillants, avaient pourtant tenté au fil du temps de tirer la sonnette d’alarme. Car ce que tout le monde savait, c’est que «TMB» était un «homme à femmes». Rien de surprenant ni de répréhensible dans une organisation rassemblant des jeunes dans la fleur de l’âge. Mais pour certaines militantes, qui témoignent aujourd’hui dans Libération, ces relations n’avaient rien de consenti et relèvent de l’acte délictuel. Comment un mouvement progressiste, féministe, prônant le respect de l’autre et la défense des plus faibles a-t-il pu occulter pendant des années les agissements de l’un des siens en totale contradiction avec ses valeurs ? 😇
«Vous couchiez, vous montiez»
Le MJS est un mouvement très personnifié. Il existe principalement à travers son président et non par ses fédérations locales. D’où une surprotection de la personne qui dirige l’organisation, quelle qu’elle soit. «S’attaquer au président, c’est s’attaquer au MJS», schématise un ex-salarié du mouvement. Sûrement, aussi, parce que l’intéressé cachait son jeu. A la manière d’un Cahuzac, ministre grand pourfendeur de fraude fiscale devant les caméras mais détenteur d’un compte offshore non déclaré, Thierry Marchal-Beck a été un grand président féministe du MJS. Capable d’entamer une réunion en lisant la liste des personnes inscrites pour prendre la parole et de piquer une colère s’il n’y avait qu’une femme et 14 hommes. Encourageant ses militants à rejoindre l’association 'Osez le féminisme' ou rappelant les règles sur le consentement sexuel dans le bus roulant vers un congrès ou un rassemblement de jeunes socialistes européens.

C’est pourtant le même qui, lors d’un camp d’été en Croatie en 2012, avait mis en place un jeu avec certains de ses proches. Une sorte de permis de baiser à points. «Vous couchiez avec un militant, c’était tant de points. Un cadre, c’était plus, un militant étranger plus et le président c’était bingo, rapporte une participante, revenue choquée de Savudrija. Il utilisait son pouvoir de président : vous couchiez, vous montiez dans les instances, c’était le deal.» Pour l’une des huit victimes, «on dit souvent au MJS que nous sommes un laboratoire pour l’avenir. Force est de constater que la jeunesse n’est pas épargnée dans la reproduction des saloperies que peuvent commettre nos aînés».

Dans cette ambiance mêlant en permanence sexe et politique, la campagne de communication «Socialiste parce que féministe» pendant la présidentielle de 2012 apparaît comme l’hypocrisie ultime. «Vous êtes supposés vous battre pour ces valeurs d’égalité, de féminisme, et vous voyez que non seulement elles ne sont pas appliquées mais qu’elles sont foulées au pied. C’était un peu schizophrène, se souvient Ada R., ancienne animatrice fédérale ayant tenté de faire bouger les choses à l’époque. Ce paradoxe décrédibilise la parole des victimes et peut les dissuader de parler.» «Si j’avais adhéré au MJS sous sa présidence, je ne serais pas restée : il y avait trop de contradictions entre le message et l’homme, abonde Anouck J., l’une des victimes retrouvées par Libération. Beaucoup de dirigeants du MJS sont irréprochables et proches des valeurs que nous défendions au quotidien, mais lui, il renvoyait une sale image du mouvement.» 

[
Harlem Désir, premier secrétaire du PS, septembre 2012-avril 2014] : 
Thierry Marchal-Beck lors d’un meeting de François Hollande à Strasbourg, en novembre 2011.
«Un très grand mouchoir»
Pendant des mois, les alertes vont sonner dans le vide. Quelques semaines avant le congrès de Strasbourg qui doit introniser Thierry Marchal-Beck en novembre 2011, trois femmes sonnent le tocsin, rencontrant ensemble un membre de la direction du mouvement. «On leur a dit : "Vous ne pouvez pas mettre ce type président, vous allez avoir des frasques tous les jours dans la presse et vous allez salir l’organisation"», se remémore l’une d’elles. A la même époque, le MJS envoie une de ses cadres rencontrer Anouck J., qui a maille à partir avec le futur président. Il s’agit de prendre la température et de vérifier de quoi il retourne. Mais sans le savoir, la direction va désigner pour cette mission une femme qui a elle-même eu affaire à TMB quelques mois plus tôt… «Comment j’ai pu faire ça, alors que ça m’était arrivé à moi, je ne sais pas, raconte cette dernière à Libération. J’ai mis un très grand mouchoir sur ce qui m’était arrivé. Je m’entends encore lui dire : "C’est mauvais pour toi, il va être président."»

Le problème, c’est que quand elles trouvent la force de parler, les victimes butent sur le choc de leur agression et sentent le poids de l’organisation peser sur elles. «Parler de harcèlement en interne, sans toucher l’image du mouvement, c’est ça la question», déclare l’une des huit victimes. Douloureuse, leur parole peut être elliptique. Et, en face, l’écoute dont elles bénéficient est, à tout le moins, sélective. Sur le papier, le MJS est du côté des femmes mais c’est aussi une organisation rompue aux manœuvres et aux coups bas. Déjà peu enclins à voir dans leur camarade un agresseur de femmes, les dirigeants ont tendance à ranger un peu facilement ces alertes dans la catégorie instrumentalisation politique. «Le poisson était noyé pour de mauvaises raisons», résume un ancien responsable parisien.

«L’orga a couvert»
Figure emblématique du MJS, consulté en cas de bisbilles, Benoît Hamon entend «vaguement des rumeurs» sur TMB en 2012, se souvient-il. Les rumeurs se font un peu plus précises en 2015, quelques mois après l’affaire Denis Baupin. A cette date, Mathilde M. évoque devant lui le comportement «à risques» de l’ancien président. «Je ne disposais d’aucune information tangible, solide, précise, explique, à Libération, l’ancien candidat à l’Elysée. Je lui ai redit ma ligne qui consiste à conseiller de porter plainte. Je pense que, jusqu’à il y a peu, nous n’étions pas culturellement préparés à tout ça. La société française est en train de faire un pas considérable sur les sujets de harcèlement : la maturité est là.» A l’échelle du MJS, «l’affaire Baupin a remué deux ou trois trucs et l’affaire Weinstein a fini de secouer tout le monde,confirme Aurélie R., ancienne secrétaire nationale du MJS, qui dit avoir alerté dès 2011 sur un «problème TMB». «Tout ça met six ans à sortir, c’est long. Pour les victimes et pour l’organisation.» Pour elle, c’est clair, «l’orga a couvert» son patron.

Dégagés des enjeux de pouvoir interne, certains anciens font ce qu’ils peuvent. En 2014, Matthieu Rouveyre, qui s’occupait de la communication du MJS entre 2005 et 2007, essaie de mener l’enquête, de récolter des témoignages. En vain. Un an plus tard, quand l’ex-numéro 2 du mouvement, Paul Meyer, relaie ses interrogations sur la situation de Mathilde M., qui aurait pu devenir présidente mais se trouve sur la touche, il se voit immédiatement reprocher de vouloir faire un putsch. Un classique. «C’est vrai que, sans procédure judiciaire, c’est compliqué de trouver la bonne solution», estime de son côté Antoine Détourné, qui a commencé à prendre conscience fin 2015 de la gravité des faits reprochés à TMB. Pendant son mandat à la tête du MJS, de 2007 à 2009, il a eu à gérer un cas d’agression sexuelle : un membre [anonyme] des instances nationales avait tenté de forcer une militante à lui faire une fellation. L’agression lui avait été rapportée par des proches de la victime, plus âgés et plus aguerris. Verdict : l’homme a été viré du MJS.

Pendant les années TMB, une responsable départementale du sud-est de la France décide, elle, de porter plainte pour agression sexuelle contre un de ses alter ego, animateur fédéral en province. L’affaire sera classée sans suite. Mais c’est surtout la réaction du MJS qui l’avait choquée à l’époque : personne n’avait bougé. «Dans une organisation qui professe le "no means no" [quand c'est non, c'est NON], s’entendre répondre qu’on ne peut rien faire pour une femme qui dit que les limites ont été franchies, c’était très dur, témoigne cette ancienne dirigeante. Même dans un milieu politisé, la parole des femmes peut être minimisée.» 
La meilleure preuve que certains sont conscients du problème, c’est que le mouvement finira par mettre en place un système de protection autour de TMB. Au MJS, c’est la tradition, il y a toujours quelqu’un pour «gérer» le président. Pour son bien personnel et pour le salut de l’organisation, il faut veiller à ce qu’il prenne son train à l’heure, qu’il rencontre les journalistes prévus, qu’il ne soit pas importuné sans raison, qu’il dîne et qu’il dorme. Cette surveillance va prendre un autre tour entre 2011 et 2013. Quand il venait en province, il y avait une bulle de sécurité autour de lui, pour être sûr qu’il rentre dormir sans déraper. Les réunions de préparation d’événements nationaux ou en fédération, se terminent par la désignation d’un référent pour TMB. «Ce système de protection était tacite mais connu de tous, analyse avec le recul Chloé P., ancienne animatrice fédérale. J’aimerais qu’on trouve collectivement où on a failli en tant que mouvement. On a beau se dire féministes, on peut être pris dans une orga, un système qui nous dépasse.» Etre le référent de TMB - son «gardé» dans le jargon du MJS - implique parfois de le stopper physiquement quand il frôle la ligne jaune. «Quand il était lourd, je le prenais entre quatre yeux et je lui disais : "Maintenant, t’arrêtes tes conneries"», reconnaît aujourd’hui un permanent du MJS époque TMB. En janvier 2013, après les vœux de Hollande à la jeunesse à Grenoble, une responsable fédérale hausse le ton pour lui dire : «Fais attention, ça peut se retourner contre toi.» Lui élude. Ceux qui osent s’informer ou réagir récoltent au mieux de la colère, au pire des menaces. Quelques semaines après l’agression d’une de ses militantes dont il a connaissance, un responsable fédéral rentre en taxi avec Thierry Marchal-Beck. Entre aveu et pressions, le président glisse : «"Cette affaire, il ne faut pas que ça sorte", rapporte l’ancien cadre du MJS devenu entre-temps avocat. Je l’ai mal pris. J’ai répondu qu’elle ferait ce qu’elle veut.» Parce qu’il pose des questions après avoir appris l’agression d’une de ses camarades, un des militants embauchés au siège du PS pour la campagne de Hollande sera affublé du surnom de «ventilateur à caca» par TMB. Les allusions, sibyllines, prospèrent en parallèle sur le Tumblr du MJS, MJS Mi Amor, créé après la présidentielle. A la page 61, on peut lire un message inquiet de l’administrateur de la plateforme évoquant «plusieurs contributions relatives à des agressions sexuelles de la part d’une personne très importante au MJS». C’était il y a trois ans.

Les rumeurs sont arrivées longtemps après
Interrogés par Libération, de nombreux permanents du MJS expliquent qu’ils n’ont jamais été informés de la gravité précise du phénomène avant et pendant la présidence de TMB. Les «rumeurs» sont arrivées longtemps après son départ, disent-ils, à partir de la fin 2015. «Apprendre qu’il a pu y avoir des cas d’agressions sexuelles me rend malade, confie Laurianne Deniaud, à qui TMB a succédé. C’est intolérable. Je ne savais pas et je ne peux que me demander comment cela a pu arriver sans qu’on s’en rende compte», s’interroge [sic] l’ancienne présidente, très engagée sur ces questions d’égalité femmes-hommes. Pendant son mandat, son équipe avait même émis une règle, à mi-chemin entre la blague et la mise en garde : «Si vous sortez avec des militantes vous les épousez.» 
«Aujourd’hui, dit Laurianne Deniaud, ma place est avec ces femmes. J’apporte du crédit à leur parole, je soutiendrai leurs démarches. Elles doivent être entendues et la libération de la parole doit continuer.» Même credo pour Benjamin Lucas, l’actuel président du MJS, qui assure n’avoir jamais été interpellé personnellement par une victime. «Je préfère que les femmes parlent, y compris en mettant en cause le fonctionnement du MJS pour qu’il se transforme, dit-il à quelques mois de passer la main. La question n’est pas celle de notre image : s’il y a une sale image du mouvement, c’est qu’il y a eu de sales comportements dans le mouvement comme partout ailleurs. Nous avons aussi la responsabilité collective de les combattre.» Laure Bretton

On va tout savoir. Mais est-ce bien nécessaire: on a déjà la nausée.